Les auditoria dans le monde romain : Archéologie des salles ou édifices de la paideia, des recitationes et declamationes, du Ier siècle avant notre ère au VIIe siècle de notre ère

Résumé : L’étude archéologique des auditoria dans le monde romain en tant que salles de cours, de lectures publiques, de démonstrations rhétoriques pouvait sembler impossible. En effet les sources littéraires indiquent que ces activités se pratiquaient, semble-t-il, dans des lieux indifférenciés, portique, salle du conseil local, temple, thermes, théâtre, cubiculum etc. Les sources épigraphiques sont très pauvres et ne peuvent être corrélées à des vestiges archéologiques précis. En outre, à supposer que de tels lieux aient existé, comment pourraient-ils être identifiables ? Y a-t-il une structure spécifique à une salle de cours comme il y a en a pour des latrines, un théâtre, une basilique civile ? La découverte au XXe siècle de plus d’une vingtaine de salles au centre de l’Alexandrie antique ainsi que celle, plus récente, des « Auditoria d’Hadrien » à Rome incite à rouvrir le dossier archéologique ; en outre certaines salles ou édifices avaient été par le passé caractérisés comme ayant une fonction d’enseignement ou de divertissement intellectuel. Mais aucune synthèse n’avait été proposée jusqu’à maintenant. Le catalogue ici constitué étudie 127 salles édifices ou espaces, dont 84 relèvent de sources archéologiques. Il en ressort un tableau d’une grande diversité tant du point de vue de la dimension des salles ou édifices et donc de leur capacité, que du point de vue de la structure (plans en hémicycle ou quadrangulaire, salles dans un complexe ou édifices indépendants, salles ou édifices à gradins droit, courbes, sans gradin…) ; les données sur l’élévation sont pauvres en général tout comme celles sur la décoration, sauf exception. Cette grande diversité, ainsi que les difficultés mentionnées initialement, conduisent à interroger explicitement les critères d’identification des salles ou édifices comme lieu de la paideia ou des monstrations rhétoriques. Celle-ci ne repose pas sur l’identification d’une structure, comme on peut le fait pour un théâtre, une basilique, des latrines etc… En fait, il n’y a aucune critère permettant l’identification : la décoration n’est pas spécifique et même si l’itération est un trait souvent présent il n’est ni nécessaire ni suffisant. Aussi, l’identification repose, non sur des critères, mais sur une méthode, qui combine plusieurs approches : certes la prise en compte de la structure, de l’itération mais aussi la considération de la syntaxe architecturale, l’insertion dans la topographie urbaine ainsi que l’étude du contexte culturel, sans oublier la polyfonctionnalité de l’architecture romaine. Les identifications auxquelles on parvient ainsi n’ont pas un caractère de certitude absolue ; elles relèvent de tous les degrés de la croyance et sont donc soumises à discussion et révision.
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Thèse
Sociologie. Université Charles de Gaulle - Lille III, 2017. Français. 〈NNT : 2017LIL30022〉
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Soumis le : lundi 16 avril 2018 - 18:34:20
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Michèle Villetard. Les auditoria dans le monde romain : Archéologie des salles ou édifices de la paideia, des recitationes et declamationes, du Ier siècle avant notre ère au VIIe siècle de notre ère. Sociologie. Université Charles de Gaulle - Lille III, 2017. Français. 〈NNT : 2017LIL30022〉. 〈tel-01768000〉

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