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Introduction

Résumé : En 1969, le romancier et critique Kamleshwar publiait Naī kahānī kī bhūmikā (« Le rôle de la 'nouvelle histoire' »), manifeste du mouvement du « Nouveau roman » hindi qui émergea au début des années 1950 dans un contexte de désillusion nationale. Dans cet ouvrage, il témoignait de la volonté partagée par de nombreux auteurs de fiction pour une écriture du réel, plus franche et plus « authentique », débarrassée des tabous et des ornementations qui caractérisaient les générations précédentes. Il invitait la littérature à adopter une position plus sociologique qu'esthétique, à se défaire des principes romantiques et à placer l'humain, ses aspirations et ses frustrations au coeur de ce réel, pour saisir le « basculement dans l'ombre » dont le roman se ferait le témoin. Au coeur de cet engagement qu'illustraient des oeuvres marquées par des stratégies esthétiques visant à privilégier la subjectivité narrative (flux de conscience, polyphonie, monologue intérieur) ou la représentation d'un monde délabré (champ lexical de l'obscurité, omniprésence de la nuit, d'intérieurs étriqués et d'un environnement urbain en ruines), Kamleshwar situait une fracture majeure : celle des violences massives de la Partition de 1947 et du spectacle des files de réfugiés qui inondèrent soudain les métropoles de Delhi, de Lahore et de Karachi, faisant de chacun « un réfugié en son âme et son coeur » (Kamleshwar, 1969 : 11), et repoussèrent près d'un siècle de lutte pour l'Indépendance dans une « ère du soupçon » caractérisée par un désenchantement politique et social. La révolution littéraire de la Naī kahānī, mouvement-clé de la littérature hindie moderne 1 , émerge non pas en parallèle de cet événement majeur de l'histoire moderne du sous-continent indien, mais en écho à celui-ci. Elle atteste là de ses longues et profondes conséquences, formulées dans le langage littéraire ou, plus largement, de la création artistique. Bien qu'anecdotique, l'exemple de la Naī kahānī, que la critique a étonnamment peu associée au « spectacle des files de réfugiés » pourtant explicitement mobilisé par Kamleshwar, témoigne pourtant de l'onde de choc occasionnée par la Partition comme événement populaire sans précédent, mais également de ses effets complexes sur les imaginaires et les productions culturelles, du moins dans les régions qui furent le plus directement affectées : Panjab, Bengale et, dans une moindre mesure, Sindh.
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https://halshs.archives-ouvertes.fr/halshs-02480591
Contributor : Anne Castaing <>
Submitted on : Sunday, February 16, 2020 - 6:15:15 PM
Last modification on : Wednesday, August 5, 2020 - 3:15:31 AM
Long-term archiving on: : Sunday, May 17, 2020 - 12:49:45 PM

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  • HAL Id : halshs-02480591, version 1

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Anne Castaing. Introduction. Raconter la Partition de l'Inde, 2019. ⟨halshs-02480591⟩

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