Variabilité du langage et productivité lexicale. Problèmes et propositions méthodologiques

Résumé : Malgré les avancées réalisées depuis une vingtaine d'années, l'étude de la productivité lexicale demeure épineuse en raison de difficultés définitionnelles, mais pas seulement. Ainsi, alors que les mesures de productivité d'affixes (ou de procédés de création) intègrent aujourd'hui d'emblée la variation générée par les dimensions du discours (domaine, registre, genre, style(s), type de texte, auteur, etc.), l'utilisation de ces dernières apparaît aujourd'hui constituer une pierre d'achoppement de la méthodologie. Nous le montrerons en discutant ce problème pour chacun des cinq domaines du langage où varie la productivité, la variabilité constitutive du langage s'exprimant non seulement au plus haut et au plus bas niveau, At the highest level, linguistic variation is realized as different languages (e.g., Korean, French, Swahili). At the lowest level, linguistic variation is realized as the differences between one speaker compared to another speaker, or as the differences between two texts produced by the same speaker (Biber/Conrad 2009 : 4). mais aussi au niveau médian du discours. Précisément, une fois mis en garde contre le mésusage méthodologique des dites dimensions, nous traiterons in fine de la variation discursive pour argumenter la primauté du genre discursif parmi les dimensions du discours, alors même que le genre s'avère largement négligé par les études de productivité. Chemin faisant plusieurs concepts descriptifs, utiles à préciser les rapports entre productivité et variation, seront exposés : tradition discursive, champ générique, style collectif et régime néologique des genres. 1. Connaissance confuse de la productivité lexicale Notoirement, la compréhension de la productivité reste indistincte, car la généricité de ce terme est de nature à multiplier les définitions (Dal 2003 : 2), ce qui obscurcit ses contours conceptuels. Du reste, la valeur même du terme apparaît problématique, certains allant jusqu'à souligner la nécessité « de bannir […] le terme piégé de productivité. » (Aliquot-Suengas 2003 : 54), en défense d'une plus grande clarté terminologique. En fait, la compréhension de la productivité change en fonction du point de vue qui s'en saisit. Il serait banal de le rappeler si n'étaient ici non seulement concernés l'approche théorique adoptée 1 , mais aussi, au niveau épistémologique le plus général, la conception du langage endossée par le linguiste. Ainsi, ten Hacken et Panocová (2013) montrent que la conception générativiste défendue par Chomsky (1999) rend inabordables certains aspects de la productivité. De plus, la conception du langage contraint également le choix des données 1 Comme le montrent ten Hacken et Panocová (2013) en contrastant les approches théoriques de Corbin (1987) et Štekauer (1998).
Document type :
Journal articles
Complete list of metadatas

Cited literature [52 references]  Display  Hide  Download

https://halshs.archives-ouvertes.fr/halshs-02164093
Contributor : Christophe Gérard <>
Submitted on : Wednesday, June 26, 2019 - 10:25:58 AM
Last modification on : Thursday, June 27, 2019 - 1:51:54 AM

File

VariationNeoGerard-PrePrint.pd...
Files produced by the author(s)

Identifiers

Collections

Citation

Christophe Gérard. Variabilité du langage et productivité lexicale. Problèmes et propositions méthodologiques. Neologica : revue internationale de la néologie, Paris : Garnier, 2018, pp.23-45. ⟨10.15122/isbn.978-2-406-08196-8.p.0023⟩. ⟨halshs-02164093⟩

Share

Metrics

Record views

58

Files downloads

42