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Chemins qui mènent à Lascaux

Résumé : Du dernier ouvrage publié de Daniel Fabre [2014], André Mary [2016] a condensé, dans les pages de cette revue même, l'essentiel des apports, dissipant les malen-tendus qu'il a pu susciter tant du côté des historiens de l'art que des préhistoriens, tout en le resituant dans la trame des problématiques foisonnantes que, depuis plus de quarante ans, notre collègue n'avait cessé de rendre complexes. Ce n'est pas le lieu ici d'ajouter à cette excellente note de lecture un éclairage supplé-mentaire, mais de prendre ce dernier livre comme une entrée parmi d'autres. Il nous est facile de la docu-menter puisque nous en avons suivi la genèse de près, ce qui permet d'évoquer la manière dont Daniel éla-borait ses textes et les relations qu'il entretenait avec eux, depuis le repérage de l'objet et son élévation en problème intellectuel jusqu'à la diffusion des résultats de ses travaux. ■ Lire, vivre, re-vivre Formé initialement aux lettres modernes et à la lin-guistique, Daniel a conservé tout au long de sa pra-tique d'ethnologue un goût et une pratique discursive, somme toute parfaitement adaptée aux jeux d'échelles et d'échos de la démarche anthropologique. Elle pré-servait en effet l'équilibre fragile entre les plus grandes montées en généralité et la restitution des contours singuliers des situations particulières. Du Bataille à Lascaux, on peut retracer le processus « déclencheur d'universel » dans lequel l'objet s'insérait et qui avait chez Daniel une allure rythmée par trois grandes opé-rations successives : l'éveil à un fait par une lecture, une expérience vive et revécue du fait ou de la situation, une intensification de l'expérience. Tout part de la littérature. Elle constitue un premier réservoir d'expériences humaines à potentiel universel que la sagacité des écrivains, en avance sur les anthropo-logues, estimait souvent Daniel, avait constitué. Il profi-tait ainsi, comme pour tamiser le réel, de ce gigantesque travail préparatoire dans lequel il relevait une entrée dont il décelait, par divers moyens et jeux de réso-nances, la portée anthropologique. C'était le cas à partir du moment où il paraissait possible de rattacher au fait ou à la situation littéraire un réseau de faits sociaux, le déclinant en suffisamment de variantes documentables pour que son principe général se dégage. Pour Lascaux, l'entrée fut celle de l'ouvrage que Georges Bataille avait réalisé pour Albert Skira quinze ans après la découverte de la grotte, La peinture préhistorique. Lascaux ou la nais-sance de l'art [Bataille, 1955]. Daniel en avait livré une première analyse dans un conséquent chapitre d'un volume dirigé par Claudie Voisenat sur le thème des imaginaires archéologiques [Fabre, 2008].
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Contributor : Nicolas Adell <>
Submitted on : Tuesday, March 24, 2020 - 10:49:21 PM
Last modification on : Saturday, September 19, 2020 - 3:52:04 AM
Long-term archiving on: : Thursday, June 25, 2020 - 3:56:21 PM

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Nicolas Adell, Jing Wang. Chemins qui mènent à Lascaux. Ethnologie française, Presses Universitaires de France, 2016, Hommages à Daniel Fabre (1947-2016), 4 (164), pp.592-598. ⟨10.3917/ethn.164.0592⟩. ⟨halshs-01965533⟩

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