La mise en patrimoine des espaces publics. Regards croisés à Paris et à Berlin

Résumé : Durant les Trente Glorieuses, l’aménagement des rues était principalement envisagé sous un angle technique et fonctionnel, l’objectif principal étant de régler la ville sur l’automobile. Leur aménagement ne commence à être considéré comme un enjeu urbain et social que dans les années 1970. Durant les décennies suivantes, l’espace public devient progressivement une composante des politiques urbaines et s’affirme comme une catégorie d’action à part entière. Au cours de cette période, la notion de patrimoine s’est en même temps profondément renouvelée, avec notamment une triple extension : typologique, chronologique et spatiale. C’est à la faveur de ce renouvellement que l’espace public est progressivement entré dans le champ du patrimoine. Les espaces publics sont désormais reconnus comme des formes urbaines à préserver, la ville étant considérée dans son ensemble, avec ses creux et ses pleins. C’est la manière dont l’action sur les espaces publics a intégré la référence au patrimoine qui est au cœur de ce chapitre. En effet, les espaces publics semblent être de plus en plus aménagés selon des formes faisant référence au passé et de manière plus globale, en prenant en compte à la fois la voirie, le mobilier urbain, les enseignes et les façades, en particulier dans les centres historiques. C’est l’un des aspects de ce que l’on peut appeler une mise en patrimoine des espaces publics. Ce chapitre se propose d’en évaluer l’ampleur et les modalités, en examinant la forme des aménagements, leur diffusion dans l’espace urbain et les stratégies d’acteurs – parfois contradictoires et conflictuelles – qui la sous-tendent. Il s’agit donc de s’intéresser à la place que prend la référence au patrimoine dans l’aménagement des espaces publics pris à la fois dans leurs dimensions formelle, spatiale et procédurale. Le chapitre s’intéresse à deux métropoles, Paris et Berlin, que tout semble opposer en dehors de leur statut de capitale. L’une est une métropole mondiale tandis que l’autre peine à retrouver son rang en Europe. Très différentes du point de vue des densités ou des systèmes de gouvernement, les deux villes diffèrent aussi fortement en termes de patrimoine et d’espaces publics. Pour autant, la référence au patrimoine semble aujourd’hui se généraliser, à Paris comme à Berlin. L’examen des processus qui ont conduit à cette mise en patrimoine dans des contextes urbains aussi différents apparaît d’autant plus intéressant pour la compréhension des sociétés urbaines européennes.
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Chapitre d'ouvrage
Géraldine Djament-Tran et Philippe San Marco. La métropolisation de la culture et du patrimoine, Le Manuscrit, pp.221-240, 2014, 2304041965
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Contributeur : Antoine Fleury <>
Soumis le : dimanche 1 novembre 2015 - 17:02:57
Dernière modification le : mardi 11 octobre 2016 - 14:45:36
Document(s) archivé(s) le : mardi 2 février 2016 - 10:20:26

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Antoine Fleury. La mise en patrimoine des espaces publics. Regards croisés à Paris et à Berlin. Géraldine Djament-Tran et Philippe San Marco. La métropolisation de la culture et du patrimoine, Le Manuscrit, pp.221-240, 2014, 2304041965. <halshs-00988995>

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