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Migration, Développement, Codéveloppement: quels acteurs pour quels discours?

Résumé : Ce rapport est la synthèse des recherches effectuées par les équipes du programme IDEM (Informer sur le Développement et les Migrations). Les recherches ont été conduites par cinq ONG réparties sur cinq pays européens : le CEIPAZ en Espagne, COSPE en Italie, le CIDAC au Portugal, Connection for Development au Royaume-Uni et le Forim en France. Le programme vise à dresser un état des lieux du débat sur les interactions entre migration et développement et, sur cette base, proposer des pistes pour améliorer la perception de la migration en Europe en l'associant avec le développement des pays d'accueil et d'origine. La revue de la littérature et des débats porte sur les sphères politiques, scientifiques, associatives et médiatiques dans chacun des cinq Etats considérés. Tout d'abord, l'étude met en évidence le décalage qui existe entre l'effervescence des discours politiques et scientifiques sur la question des migrations et du développement et la pauvreté des dispositifs effectivement mis en oeuvre sur le terrain par chacun des Etats. Ce décalage s'explique par la suspicion qui règne à l'égard du codéveloppement dans certains pays comme la France, l'absence de volonté politique et la focalisation sur des objectifs sécuritaires. Les natures et les objectifs des programmes de codéveloppement diffèrent en fonction du niveau de mise en oeuvre. Pour l'Etat, le codéveloppement s'inscrit dans une stratégie globale de contrôle des flux tandis que pour les collectivités territoriales, il vise à l'insertion des populations migrantes sur le territoire d'accueil. Sur le plan scientifique, on constate un effort de recherche soutenu sur les relations entre migration et développement depuis ces quinze dernières années. Ces recherches sont fortement influencées par les approches politiques des pays respectifs. D'un point de vue strictement épistémologique, les approches anglo-saxonnes du transnationalisme, de la Nouvelle Economie de la Migration de Travail (NELM) ou de la " Poussée migratoire " (Migration hump), domine le champ des analyses. Seule la France se distingue avec un regard particulier sur les circulations migratoires. L'analyse en terme de codéveloppement, en raison de sa bidirectionnalité, tend toutefois à brouiller les frontières entre intégration et développement, ce qui laisse supposer l'émergence future de nouveaux cadres théoriques. En ce qui concerne le milieu associatif, l'inscription des associations de migrants dans le champ de la coopération internationale transforme les relations diasporas/Etats/ONG. Cette insertion est encouragée par les Etats à la recherche de partenaires diasporiques pour la mise en oeuvre de leur propre politique. Cette inscription se produit la plupart du temps sous l'égide des ONG nationales. La formalisation d'un partenariat migrants/ONGs/Etat s'accompagne d'une demande de reconnaissance. Ce discours des associations de migrants fait entrer dans un champ politique des pratiques préexistantes spontanées, informelle et apolitiques. Ce discours diffère d'un acteur à l'autre, mais est sous-tendu par la volonté de justifier une existence légitime articulée sur plusieurs Etats à la fois. Quant aux médias, les travaux ne font que constater la place très mineure de la relation migration et développement dans le traitement journalistique. L'image de la migration donnée par les médias est elle-même ambivalente. Les migrants sont appréhendés soit comme une menace, comme des victimes, et, plus rarement, comme des acteurs. Le traitement de la migration est également fortement empreint d'événementiel et de sensationnalisme, ce qui contribue à 4 présenter le phénomène migratoire comme pathos social. Il semble difficile de contrevenir à cette situation dans la mesure où elle est moins liée à une volonté éditoriale qu'à la structure même de la production de l'actualité médiatique. Dans ce contexte, la relation migration et développement est la grande absente du traitement médiatique des migrations, et ce, en dépit même de la vivacité des débats dans les autres secteurs de la société. Il est donc urgent de créer des passerelles entre ces secteurs afin de permettre une meilleure circulation de l'information. En conclusion, ce rapport liste une série de recommandations destinées à une meilleure prise en compte du rôle de la migration dans le développement des pays d'accueil et d'origine. Celles-ci se déclinent en trois temps : renforcer la place des associations de migrants sur l'espace public et le champ de la coopération en Europe ; agir sur les discours médiatiques en facilitant l'accès à l'information ; repenser l'action publique en ré-explorant les passerelles entre développement et intégration.
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Reports
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https://halshs.archives-ouvertes.fr/halshs-00820369
Contributor : Thomas Lacroix <>
Submitted on : Saturday, May 4, 2013 - 9:56:55 AM
Last modification on : Friday, October 23, 2020 - 4:52:26 PM
Long-term archiving on: : Monday, August 5, 2013 - 3:00:09 AM

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Lacroix_2009_rapport_IDEM.pdf
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  • HAL Id : halshs-00820369, version 1

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Thomas Lacroix. Migration, Développement, Codéveloppement: quels acteurs pour quels discours?. 2009. ⟨halshs-00820369⟩

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