Les filières scientifiqueset l'emploi

Résumé : La désaffection pour les études en Sciences fondamentales à l'université
Il existe en France une inquiétude certaine sur l'avenir des formations scientifiques. La
première impression que l'on retire de la lecture des nombreux rapports qui se sont penchés sur la
question en France (Blandin Renar 2002, Porchet 2002, 2003, Ourisson 2002), en Europe (par ex
Wilen 2006) ou dans les pays de l'OCDE (OCDE 2005) est l'absence de consensus sur la notion de
scientifique, aussi bien en termes de formation que d'activité professionnelle. Il s'agit d'une notion au
mieux conventionnelle, définie souvent de manière ad hoc et donc source de nombreuses ambiguïtés.
Le premier objectif de ce rapport est de préciser très clairement ce que l'on entend par formation
scientifique d'une part, activité scientifique d'autre part.
Les formations scientifiques sont celles qui délivrent des connaissances en sciences, sciences
fondamentales (maths physique chimie, sciences de la nature ou de la vie) ou sciences appliquées
(sciences de l'ingénieur, sciences techniques et technologiques, y.c informatique). Les premières
conduisent à des diplômes de sciences fondamentales délivrés principalement par les Universités,
tandis que les secondes mènent aussi bien à des diplômes universitaires qu'à des DUT, des BTS et
des diplômes d'ingénieur. Forts de ces précisions1, on constate que la désaffection des étudiants
semble avérée pour l'ensemble de ces formations, mais tout particulièrement si l'on se réfère aux
inscriptions en 1er cycle universitaire de sciences fondamentales ; amorcée en 1995, elle se poursuit
inexorablement depuis du fait des jeunes titulaires d'un Bac S qui préfèrent s'inscrire dans les filières
sélectives (Santé, IUT, STS, CPGE) ou dans les disciplines de sciences appliquées (sciences de
l'ingénieur ou sciences informatiques) (Partie A1 de ce rapport) plutôt qu'en DEUG de sciences. Les
formations universitaires de 2ème et 3ème cycle en sciences sont, peut-être pour l'instant ? peu
touchées mais deux choses peuvent l'expliquer : la présence d'un nombre important d'étudiants
étrangers (Tomasini 2005) et le fait que les élèves de certaines formations d'ingénieurs et ceux des
Ecoles Normales Supérieures réintègrent le circuit universitaire en deuxième cycle.
Cette désaffection concerne la plupart des pays de l'OCDE mais la France semble être parmi
les pays européens les plus touchés (Auriol 2005). Les raisons de cette désaffection sont
régulièrement évoquées et semblent à peu près connues (OCDE 2005, Lille 2005). Au delà d'une
crise idéologique qui amène les citoyens et notamment les jeunes à douter du fait que la Science soit
source de progrès, les causes de la désaffection renvoient souvent au fonctionnement du système de
formation : les élèves titulaires d'une formation secondaire scientifique sont de plus en plus nombreux
à poursuivre des études supérieures en dehors du domaine des sciences (hors Santé et STAPS). Le
cas est particulièrement net en France dès lors que l'on sépare les Sciences fondamentales des
Sciences appliquées, distinction qui recoupe largement celle de la sélectivité des filières de formation.
Ainsi les jeunes Bacheliers S se dirigent en priorité vers des études où l'accès est limité (CPGE, IUT,
STS, Ecole recrutant au niveau du baccalauréat) et si la majorité d'entre eux entre à l'Université (60%)
ils ne sont finalement qu'une minorité (25% des Bacheliers S de l'année) à entamer des études en
Deug de Sciences. Encore observe t-on que la moitié de ces derniers (47%) avait déposé un dossier
dans une filière sélective en terminale et qu'une petite moitié seulement dit avoir choisi ces études par
intérêt pour leur contenu (Lemaire Leseur 2005). Ces comportements sont par ailleurs logiques
quand on sait que le choix d'une Terminale S correspond, pour l'essentiel des jeunes (et de leurs
familles), à d'autres critères que le goût des Sciences (c'est la "voie royale" pour faire des études
supérieures).
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Contributor : Corinne Schaffner <>
Submitted on : Monday, February 19, 2007 - 4:03:21 PM
Last modification on : Thursday, April 4, 2019 - 10:18:04 AM
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Catherine Béduwé, Bernard Fourcade, Jean-François Giret, Sylvie Moullet. Les filières scientifiqueset l'emploi. 2006. ⟨halshs-00131873⟩

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