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Habilitation à diriger des recherches

Complexité phrastique : construction, linéarisation, marquage

Résumé : Le modèle de syntaxe pour lequel nous œuvrons est un modèle à trois composantes dominantes , qui ont pour dénominateur commun d’exposer chacune une forme de complexité phrastique différente. Une première forme de complexité concerne la construction de la phrase ; elle se déploie par le biais d’un outil spécifique qui est l’incidence externe. Une deuxième complexité a davantage trait à la linéarisation de la phrase ; elle se manifeste au moyen d’un autre opérateur particulier, à savoir la lecture thétique. Le troisième et dernier type de complexité a trait quant à lui au marquage en français, lequel n’est pas seulement lexical mais possiblement prosodique ou graphique. En effet, opérateur syntaxique au service de la construction de la phrase, l’incidence (externe), d’abord, permet l’instauration de l’essentielle partie des relations grammaticales caractérisant une phrase. Notion reprise à Gustave Guillaume et qui a fait l’objet d’amendements, synonyme pour nous depuis lors du mot subordination, l’incidence favorise le développement des différentes relations de dépendance que l’on peut identifier dans un schéma de phrase : elle est l’instrument de liaison entre des groupes apports et leurs termes supports. Comme l’araignée, l’incidence tisse donc la toile de la phrase. Elle mène à la reconnaissance d’un squelette syntaxique, structuré, hiérarchisé, au sein duquel chaque élément trouve sa place par rapport aux autres. Chaque unité syntaxique peut alors être définie par sa portée dans l’énoncé, observable à travers le prisme d’un continuum d’intégration fonctionnelle allant de la saisie « incidence à un morphème » (terminus a quo) à l’entrée « incidence prédicative à un groupe prédicatif » (terminus ad quem). Mais la question de la construction de l’énoncé appelle aussi, quoique plus tacitement, la problématique de la composition des sous-structures phrastiques et le degré d’intégration propositionnelle de leurs mises en œuvre. C’est pourquoi nous avons pris le parti d’examiner en parallèle le degré de « (dé)propositionnalisation » de ces unités. Étroitement associée à la phase de linéarisation de l’énoncé, la lecture thétique œuvre quant à elle en faveur d’un réagencement formel (et donc syntaxique) et/ou sémantique des informations réunies au sein d’une phrase. Elle permet d’expliquer entre autres pourquoi certaines phrases sont acceptées par des locuteurs (natifs) en dépit des problèmes qu’elles posent aux yeux de la norme. Lieu par excellence des mouvements syntaxiques surtout, la linéarisation et la lecture thétique invitent par ailleurs au traitement de la question de la rhématisation d’un groupe prototypiquement thématique, cas qu’illustre par exemple l’inversion du sujet de type thétique. Les marqueurs, enfin, procèdent de la considération d’une troisième forme de complexité due cette fois au marquage des relations syntaxiques. Si l’incidence les instaure, les relations syntaxiques nécessitent bien souvent, en tout cas en français, d’être matérialisées par un connecteur lexical. La reconnaissance de cette tierce complexité permet donc d’attirer l’attention sur l’utilité, souvent patente, de marquer les relations grammaticales, surtout d’un point de vue lexical en ce qui nous concerne. Une fois assemblées et organisées, ces trois complexités, foncièrement complémentaires, nous ont conduit à proposer un modèle d’analyse syntaxique original, inédit non tant par ses propositions prises isolément que par le croisement que ce modèle entend opérer entre différentes théories syntaxiques (e.g. celle de l’École de Bruxelles, le fonctionnalisme de Martinet, la syntaxe de dépendance de Tesnière ; voire, aussi, les bases de la psychomécanique du langage et du transformationnalisme harrissien), a priori incompatibles pour certaines. Pour autant, ces trois grandes opérations n’entendent pas faire du modèle imaginé un modèle linéaire « triphasé ». Il s’agit plutôt, à notre sens, d’un modèle à trois complexités particulières – auxquelles se trouvent donc associés trois outils distincts –, qui interagissent toutes ensemble et dont l’ordre d’intervention prototypique s’avère linéaire croissant, avec possibilité constante de retourner à une étape liminaire. Ainsi, le modèle que nous développons se caractérise finalement plus par une sorte de mouvement de va-et-vient régulier entre les trois opérations que par une suite de trois procédés autarciques, aux étapes d’intervention irréversibles et non récursives. Ces trois formes de complexité se doivent d’ailleurs d’être combinées pour une bonne compréhension du modèle, et c’est à cette fin que les visualisations syntaxiques que l’on peut donner des phrases analysées importent particulièrement à nos yeux : parce qu’elles sont le lieu de réunion des trois opérations (construction, linéarisation, marquage), les visualisations syntaxiques occupent une place de choix dans le modèle théorique que nous proposons.
Document type :
Habilitation à diriger des recherches
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https://halshs.archives-ouvertes.fr/tel-03144739
Contributor : Audrey Roig <>
Submitted on : Thursday, February 25, 2021 - 8:57:45 AM
Last modification on : Tuesday, July 13, 2021 - 3:13:50 AM
Long-term archiving on: : Wednesday, May 26, 2021 - 6:23:15 PM

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Audrey Roig. Complexité phrastique : construction, linéarisation, marquage. Linguistique. Sorbonne Université, 2018. ⟨tel-03144739⟩

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