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Conference papers

Fabriquer la transition sur les territoires par les Tiers lieu : le cas de la ville de Digne les bains

Résumé : Cette proposition d’article est issue d’une recherche réalisée dans le cadre du programme Popsu en 2020. Il s’agissait de mieux comprendre le rôle des Tiers Lieux (Besson, 2017) dans une petite ville de province dans les processus de régénération territoriale, en pointant leur contribution aux mises en lien et à la construction d’actions collaboratives. Sur ce territoire, les tiers lieux sont considérés comme un dispositif permettant de sortir d’une logique de développement centrée sur les acteurs publics et de favoriser une transition vers des dynamiques articulant des acteurs socio-économiques diversifiés. L’objectif pour les pouvoirs publics était de sortir d’une approche top down et centrée sur l’acteur public au profit de systèmes plus ouverts et participatifs. Par Tiers lieux, nous entendons « un espace de rencontre favorisant les échanges, la socialisation, la communication et les actions ou interactions réciproques susceptibles de faire émerger une communauté » (Krauss, Tremblay, 2019, p.9) Notre questionnement Dans cette perspective notre questionnement porte sur le rôle des tiers lieux comme dispositif de soutien à ces processus de transition. Il vise aussi à interroger l’invisibilisation de l’ESS dans ce processus alors même que les associations en sont un acteur clé. Un cadre d’analyse centré sur la théorie de la valeur publique D’un point de vue théorique, notre analyse s’inscrit ainsi dans le champ du renouvellement de l’action publique (Lascoumes et Le Galès, 2003). Nous retenons plus précisément le cadre de la Théorie de la valeur publique (Moore, 1995) qui par définition associe des organisations publiques et des réseaux de la société civile dans l’élaboration de programmes et de dispositifs publics ayant pour but de créer de la « valeur publique ». Il rassemble donc des groupes d’acteurs hétérogènes et implique des processus complexes (O’Flynn, 2007, Alford, 2002,). Pour Moore, les managers publics ont un rôle fondamental à jouer pour définir la valeur publique et proposer des services adaptés aux besoins des usagers et des citoyens eux-mêmes impliqués dans l’action publique. La valeur publique est définie comme un construit multi-dimensionnel, en lien avec les préférences collectives des citoyens dans le cadre d’une médiation politique. Elle ne s’exprime pas seulement par des résultats mais aussi à travers des processus qui génèrent de la confiance et de l’équité (O’Flynn, 2006). Ce cadre théorique est pertinent pour analyser conjointement les dynamiques participatives à l’oeuvre entre parties prenantes hétérogènes, les processus facilitateurs de ces dynamiques et l’enjeu d’une évaluation plus large que les seuls résultats imédiats. Contexte territorial : enjeu de développement d’un territoire à faible densité de population et d’autres ressources Chef-lieu du département des Alpes-de-Haute-Provence, la ville thermale de Digne-les-Bains se caractérise par un faible dynamisme démographique - baisse du nombre d’habitants de 10% en 10 ans, 16181 hab. en 2016 - et économique - baisse de 0.5% du nombre d’emploi annuel moyen sur 10 ans sur sa zone d’emploi. Les enjeux de développement du territoire sont : 1. renforcer une économie plurielle moins dépendante des activités publiques ; 2. Révéler et saisir les ressources présentes - cadre naturel, services - liées à des activités de santé et bien-être. Comme un certain nombre de villes de petite taille en France, Digne-les-Bains cumule les difficultés. Toutefois, elle bénéficie de ressources, peu identifiées, qui restent à valoriser : concentration de services publics, centralité géographique, patrimoine naturel remarquable, image des thermes, etc. Différents projets s’efforcent aujourd’hui de révéler et d’activer ces ressources et les coordonner, mais aussi de diversifier un développement fondé sur le patrimoine naturel et culturel, et de réussir la transition numérique... De ville administrative, elle pourrait devenir ville productive et créative. Dans cette transition, des projets de Tiers lieux sont autant de dispositifs qui visent à régénérer l’écosystème local en tant qu’espaces de coordination de ressources (un espace de coworking « Diniapolis », un projet de living lab orienté « nature-santé » et un projet d’espace culturel partagé « le Top »). Ces projets proposent de nouvelles approches pour envisager des transitions socio-économiques et numériques. Leur démarche est fondée sur trois dynamiques : valoriser les ressources latentes du territoire, engager une vision large et ouverte de l’innovation, valoriser la créativité sociale et transformer l’action publique. Une méthodologie qualitative Nous avons mené une étude de cas unique sur la ville de Digne, sur une période 15 mois. Nous avons été amené à construire des dispositifs d’observations spécifiques du fait de la Covid. Nous avons combiné des entretiens semi directifs avec les différentes parties prenantes, des ateliers collectifs participatifs pour identifier les acteurs clés, les dynamiques à l’oeuvre et repérer les verrous. Enfin, nous avons animé des séances de travail collectives dédiés à la co-construction d’outils d’évaluation en travaillant particulièrement la question des externalités. L’originalité de notre recherche était de combiner une analyse sur un processus émergent avec l’accompagnement des acteurs dans la construction et l’approfondissement du dispositif des Tiers lieux. Principaux résultats : Le Tiers Lieux comme dispositif hybride Pour caractériser le rôle des tiers lieux dans la mise en réseau des acteurs locaux et le processus de co-construction avec les pouvoirs publics, nous commençons par identifier les acteurs en présence et caractériser leurs logiques d’action. Nous mettons particulièrement l’accent sur la rencontre entre une initiative publique et des acteurs associatifs dans le champ de l’entrepreneuriat et sur le rôle central d’interface joué par cet acteur associatif, opérant une médiation (Maisonnasse et al., 2013) entre logiques sociales, logiques publiques et logiques entrepreneuriales. Nous montrons dans un second temps que cette médiation est construite sur trois dimensions : le choix de mettre en débat une stratégie de développement et d’assumer la diversité des partie prenantes, la prise de conscience de la fonction d’animation et l’utilisation de méthodes participatives, et la volonté de se doter d’une grille d’analyse et d’évaluation du dispositif ainsi construit dans le cadre de différents tiers lieux. Enfin, dans le récit de l’action ainsi construite, nous constatons que le tiers-lieu apparait comme une notion mobilisatrice, à la fois mystérieuse et difficilement intelligible pour certains, à connotation innovante pour d’autres. Son usage conduit cependant à évincer le rôle et le savoir-faire central de l’ESS dans ces dynamiques, négligeant ainsi sa contribution au renouvellement de l’action publique et à la fabrique des transitions sur les territoires.
Document type :
Conference papers
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https://halshs.archives-ouvertes.fr/halshs-03506774
Contributor : Nadine Richez-Battesti Connect in order to contact the contributor
Submitted on : Sunday, January 2, 2022 - 6:30:48 PM
Last modification on : Sunday, June 26, 2022 - 3:29:46 AM

Identifiers

  • HAL Id : halshs-03506774, version 1

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Citation

Nadine Richez-Battesti, Julien Maisonnasse, Raphaël Besson. Fabriquer la transition sur les territoires par les Tiers lieu : le cas de la ville de Digne les bains. Proximités et territoires aux defis du management public, AIRMAP, May 2021, Clermont-Ferrand, France. ⟨halshs-03506774⟩

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