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Peindre les lieux, le public et les chanteurs du spectacle lyrique. Évoquer le spectacle.

Résumé : L’architecture des théâtres parisiens et de la plupart des grands théâtres de province est un sujet d’actualité permanent en raison des évolutions qu’ils connaissent et des drames successifs qui souvent amènent à leur reconstruction. Ce sont généralement les graveurs qui popularisent la nouveauté de leurs caractéristiques architecturales et scéniques car les peintres préfèrent se faire les chroniqueurs des soirées extraordinaires : inaugurations, bals, réceptions officielles. Certains artistes nous permettent aussi d’appréhender le public. Ils peuvent focaliser notre regard au plus près de la loge, tantôt pour en montrer l’intérieur, tantôt pour l’observer de l’extérieur. Plus que les peintres, dans la première partie du siècle, ce sont les dessinateurs et les lithographes qui croquent de manière très juste le public des salles d’opéra. Enfin les portraits de chanteurs et de chanteuses à la ville ou à la scène reflètent, selon le tempérament des interprètes, l’image qu’ils souhaitent donner d’eux-mêmes et qu’ils ont « composée » avec les peintres : elles favorisent alors psychologie, statut social, ou rôles qui ont fait leur notoriété. Dans la confrontation entre les sujets littéraires traités dans la peinture d’histoire et dans les œuvres de musique dramatique, une question prête souvent à débat : qui inspire qui ? L’opéra s’inspire-t-il de tableaux exposés au Salon, ou au contraire les œuvres picturales sont-elles le résultat d’expériences sonores et visuelles ayant frappé les peintres dès lors qu’ils sont spectateurs-auditeurs d’œuvres lyriques ? Par ailleurs ces œuvres visuelles sont-elles « de circonstance » et produites pour profiter du succès de ces spectacles ou sont-elles de pure création ? En dehors des décors architecturaux, les collaborations entre l’Opéra et les peintres du « grand genre » ont été rares. Jean-Baptiste Isabey est le dernier peintre académique à diriger l’atelier des décors de l’Opéra. Ensuite cet atelier reste entre les mains de peintres-décorateurs qui font le succès du grand opéra de 1828 aux années 1870 mais qui en freinent le renouvèlement, ce qui le coupera progressivement de l’évolution générale des arts. Par ailleurs lorsque les peintres veulent transcrire des moments d’opéra, comment tentent-ils de recréer l’illusion de la scène sur la toile ? Alors que Roqueplan et Lepaulle répondent opportunément à l’actualité avec des talents somme toute de second rang, Eugène Delacroix témoigne d’une véritable sensibilité musicale et d’une force créatrice qui va bien au-delà. Un autre cas remarquable est celui d’Edgar Degas qui a été fasciné par le travail des danseuses de l’Opéra pendant toute la durée de sa carrière. Il les montre sur la scène ou dans les coulisses. Quant à la fosse d’orchestre, elle focalise aussi le regard du peintre qui n’a été précédé que par Daumier. La traduction d’un art par l’autre intervient finalement, au-delà de l’illusion de la scène et de la salle sur la toile, lorsque l’artiste, tel Henri Fantin-Latour, tente, finalement une véritable « transcription du musical au visuel ».
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Contributor : Florence Gétreau <>
Submitted on : Sunday, January 3, 2021 - 2:16:55 AM
Last modification on : Saturday, January 9, 2021 - 3:40:15 AM

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020 GETREAU Peindre les lieux,...
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Florence Gétreau. Peindre les lieux, le public et les chanteurs du spectacle lyrique. Évoquer le spectacle.. Hervé Lacombe. Histoire de l'opéra français. Du Consulat aux débuts de la IIIe République., Fayard, pp.1106-1115 ; 1125-1127., 2020, 978-2-213-70956-7. ⟨halshs-03092842⟩

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