Skip to Main content Skip to Navigation
Journal articles

“Je sommes tous des Lully”. Parodies d’opéras et circulation des airs chantés (XVIIe-XVIIIe siècles)

Résumé : En dépit de la politique des privilèges, les scènes parisiennes sont loin d'être étanches les unes aux autres. L'usage du vaudeville, comme celui de la parodie, illustre de façon paradigmatique cette absence de cloisonnement entre les scènes et entre les genres. La parenté entre les vaudevilles et les airs de divertissements de l'opéra invite à relativiser la dichotomie entre une musique jugée a posteriori « savante » et une musique dite « populaire », dans une culture musicale circulaire où les échanges apparaissent réciproques. « Un docteur doit passer de langue en langue comme les hommes passent du blanc au noir, et de certaines brunes du noir au blanc ; comme les avocats passent du pour au contre ; comme les médecins font passer les malades de ce monde-ci en l'autre ; comme la musique passe du Pont-Neuf à l'Opéra, et de l'Opéra au Pont-Neuf […] » 1 « On y trouve [dans l'opéra] jusqu'à des Vaudevilles, et des imitations naïves des airs du Pont-Neuf, si vous voulez » 2. Dès la naissance de l'opéra français, la parodie devient un divertissement sur la scène des théâtres parisiens. En tant que pratique sociale et musicale, elle investit tous les lieux de représentation et passe même le mur des couvents sous forme de parodies spirituelles. En dépit de la politique des privilèges-la Comédie-Française a le monopole du dialogue, l'Académie royale de musique celui des pièces chantées-les théâtres sont loin d'être étanches les uns aux autres. La parodie, que celle-ci soit occasionnelle-limitée à une scène, un air, voire un vers-ou dramatique-lorsqu'elle prend pour cible un opéra dont elle suit la fable en la dégradant dans un registre burlesque-constitue une stratégie pour attirer les spectateurs. On peut mesurer le succès d'une oeuvre ou d'un air à l'aune du nombre de répliques parodiques qu'elle ou il sécrète. En retour, la parodie offre une sorte de publicité à la scène lyrique et constitue un phénomène de consécration paradoxale. L'usage du vaudeville, c'est-à-dire la greffe de paroles inédites sur une musique préexistante, comme celui de la parodie, pratique courante de la fin du XVIIe siècle et tout au long du XVIIIe siècle, illustre de façon paradigmatique l'absence de cloisonnement entre les scènes, les genres et les publics 3. L'opéra s'exporte sur toutes les scènes parisiennes. Tel qui va à l'Opéra, se rend ensuite chez les Italiens, au Français, aux Marionnettes, chez les Forains ou à l'Opéra-Comique (à partir de 1715), pour goûter les avatars du grand genre lyrique.
Document type :
Journal articles
Complete list of metadata

Cited literature [42 references]  Display  Hide  Download

https://halshs.archives-ouvertes.fr/halshs-02967178
Contributor : Judith Le Blanc <>
Submitted on : Wednesday, October 14, 2020 - 5:14:59 PM
Last modification on : Tuesday, January 19, 2021 - 2:54:03 PM

File

_Je sommes tous des Lully_JlB....
Files produced by the author(s)

Identifiers

  • HAL Id : halshs-02967178, version 1

Collections

Citation

Judith Le Blanc. “Je sommes tous des Lully”. Parodies d’opéras et circulation des airs chantés (XVIIe-XVIIIe siècles). Musicologies nouvelles, Éditions Musicales Lugdivine 2019, Intertextualité et intermusicalité, Le style concertant, pp.58-66. ⟨halshs-02967178⟩

Share

Metrics

Record views

42

Files downloads

76