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Le droit de vivre seul, difficile conquête des sociétés contemporaines.

Résumé : SOLITUDE Le droit à vivre seul, difficile conquête des sociétés contemporaines Marcela IACUB. On peut employer l'expression « contagion » comme figure de style pour faire allusion à certains phénomènes sociaux négativement connotés qui se répandent bien qu'ils ne soient pas sciemment recherchés ni par les individus ni par les politiques publiques. En effet, le mot contagion est porteur d'une double signification : d'une part, celle de la maladie et, d'autre part, celle d'une « transmission » qui n'est pas volontaire, ou, tout au moins, pas complètement. Dans la tradition sociologique, l'exemple classique de la multiplication des comportements par « contagion » reste celui du suicide. L'augmentation spectaculaire depuis une cinquantaine d'années du nombre de personnes qui habitent en solo dans les pays riches et démocratiques pourrait, selon cette définition, être rattachée à l'idée de contagion. Bien que ce style de vie ne soit pas connoté d'une manière aussi négative que le suicide, elle n'est sciemment souhaitée ni par les politiques publiques ni par la culture dominante. La vie en solo n'est pas tenue pour une situation sociale « idéale ». Au contraire, elle est considérée comme le début d'un processus particulier d'exclusion, celui que l'on dénomme « isolement », cette sorte de mort sociale qui accélérerait, selon certains chercheurs, l'avènement de la mort biologique elle-même. Les personnes âgées isolées décédées lors de la canicule de 2003 sont souvent présentées comme les victimes paradigmatiques de ce mal qui touche, dans des sociétés comme la nôtre, selon les statistiques publiques, toutes les classes d'âges, les habitants des villes tout autant que ceux des campagnes. Et pourtant, dans le même temps, aux yeux des politiques publiques, il vaut mieux, dans certains cas, vivre seul que dans une famille, dans un couple ou au sein d'une institution spécialisée comme une maison de retraite. En effet, les dangers de l'isolement sont considérés comme moins graves que ceux des violences physiques ou morales, voire de l'absence d'autonomie qui implique de partager sa résidence avec d'autres personnes. Ainsi, il est non seulement admis que la vie en solo puisse être un véritable choix, mais on tente en outre de rendre plus faciles les séparations, l'autonomie résidentielle des jeunes et des personnes âgées, comme si notre société était traversée par un conflit à propos de la vie en solo qui tient cette forme d'habiter à la fois pour une situation très dangereuse et pour un moindre mal.
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https://halshs.archives-ouvertes.fr/halshs-02923428
Contributor : Marcela Iacub <>
Submitted on : Thursday, August 27, 2020 - 10:18:11 AM
Last modification on : Monday, December 14, 2020 - 9:44:33 AM
Long-term archiving on: : Saturday, November 28, 2020 - 12:11:50 PM

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To satisfy the distribution rights of the publisher, the document is embargoed until : 2022-08-27

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  • HAL Id : halshs-02923428, version 1

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EHESS | CNRS | CRH

Citation

Marcela Iacub. Le droit de vivre seul, difficile conquête des sociétés contemporaines.. De la contagion., 1, Editions Vendémiaire, 5p., A paraître. ⟨halshs-02923428⟩

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