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Conference papers

Le lexique comme reflet des représentations sociales

Résumé : Le Structuralisme avalise l'organisation saussurienne du système linguistique selon l'ordre paradigmatique et l'ordre syntagmatique, le premier supposant le repérage des unités par l'opération de commutation. Cependant, les «classes» ainsi obtenues supposent la neutralisation de bon nombre de différences, car en réalité aucun mot n'a (exactement) le même ensemble de propriétés qu'un autre mot – comme le conclut M. Gross (1975) de son étude de 3000 emplois de verbes français. Ce sont d'ailleurs ces divergences dans la probabilité de co-occurrence distributionnelle, évoquées par Z. Harris (1954, trad. 1970), qui permettent la détermination de sous-classes et, en particulier avec J. Dubois (1979), la mise au point d'une méthode de définition de classes et sous-classes sémantiques où l'on peut voir l'origine de la dite « théorie des classes d'objets », au début des années quatre-vingt-dix (Gross 1994), associée au nom de Gaston Gross et du Laboratoire de Linguistique Informatique qu'il a créé à Paris XIII-Villetaneuse. Pour donner un exemple simple, dans la classe des noms, on peut distinguer une catégorie « lieu » (Dubois, op. cit. 1034 sqq.) par le biais de distributions mettant en jeu des environnements tels que : prépositions à, en, dans, par compléments de verbes tels que être, aller, venir, entrer, passer ; parmi ces noms, seront catégorisés « lieu habitation », « lieu urbain », « lieu institution », les noms susceptibles d'être le complément, avec ou sans préposition de habiter : Pierre habite (dans) une maison particulière, une ville de province, le département du Nord. Seuls les premiers admettent une distribution du type Cette maison est habitée, vide, libre, occupée. Seuls les deux autres autorisent Cette ville / Ce département est animé(e), triste, vivant(e). L'agglomération / La commune / Le département est très peuplé(e), se dépeuple, etc. En bref : le principe est de caractériser des groupes sémantiquement homogènes (par exemple, les « noms d'habitation ») par un ensemble de distributions spécifiques. Il se trouve cependant que ces distributions ne sont pas exploitées de la même manière dans les discours, qui actualisent donc une identité différente des noms rangés dans une même « catégorie ». Si l'on reprend l'exemple du « lieu habitation », les attestations montrent ainsi une répartition différente des prédicats selon que l'on a affaire à en maison, en appartement, en villa, en studio, en château (etc.) – ce qui, compte tenu de l'identité de la préposition, révèle un statut différent des lieux ainsi dénommés dans les représentations sociales véhiculées par la langue. -1- Références Dubois, J. (1979) « Annexe grammaticale », Dictionnaire du français langue étrangère II1, Paris, Larousse. Gross, G. (1994) « Classes d'objets et description des verbes », Langages 1152 : 15-30. Gross, M. (1975) Méthodes en syntaxe, régime des constructions complétives Paris, Hermann. Harris, Z. S. (1954 trad. 1970) « La Structure distributionnelle », Langages 203 : 14- 34.
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https://halshs.archives-ouvertes.fr/halshs-02885061
Contributor : Référent Hal Icar <>
Submitted on : Tuesday, June 30, 2020 - 1:14:46 PM
Last modification on : Monday, March 29, 2021 - 2:42:04 PM

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Aix-Hommages-Dubois Leeman Sil...
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  • HAL Id : halshs-02885061, version 1

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Danielle Leeman. Le lexique comme reflet des représentations sociales. Deux figures majeures dans l’histoire de la linguistique : Jean Dubois (1920-2015) et Françoise Dubois-Charlier (1941-2016), 2017, Aix-en-Provence, France. ⟨halshs-02885061⟩

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