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« Maladies et animaux : des objets gouvernables ? Surveiller, connaître, gouverner ». À propos de « Ce que fait la biosécurité à la surveillance des animaux », Revue d’anthropologie des connaissances, 2015 /2 (Vol. 9, n° 2), coordonné par Nicolas Fortané & Frederick Keck

Résumé : Surveiller les maladies zoonotiques (transmissibles de l’animal à l’homme), c’est surveiller des formes de vie qui franchissent toutes les frontières établies : frontières géographiques et administratives des États, frontières culturelles, mais aussi barrière des espèces. L’ethnographie multi-sites pratiquée par les auteurs du numéro paraît particulièrement appropriée à cet objet de recherche transfrontalier. Grâce à cette méthode, les articles du recueil caractérisent finement le modèle biosécuritaire actuel, repérant les derniers tournants pris dans la gestion du vivant et appuyant l’idée que la mutation engagée depuis la fin du XVIIIème et analysée par Foucault est toujours en cours. En revanche, les auteurs ne tirent pas ou peu les conclusions théoriques de leurs analyses de terrain, à savoir que les nouvelles formes de surveillance des animaux ont deux conséquences principales. D’une part, à travers les nouvelles relations qui se tissent entre humains et animaux via leur surveillance, les catégories traditionnelles et les représentations que les humains ont des animaux sont remises en cause. De ce point de vue, la revue laisse surtout, à travers la fine analyse du gouvernement des bêtes liée aux crises sanitaires, une impression de perte de repères. D’autre part, puisque la vie des populations est devenue préoccupation du pouvoir politique, l’animal entre de fait dans la sphère du « gouvernable », et donc du politique, via un réseau de pratiques. Mais la subsistance de pratiques plus anciennes de gestion des maladies transmissibles de l’animal à l’homme montre combien une asymétrie fondamentale entre humains et animaux persiste. Elle tient aux liens que nous avons avec eux, en étant proches tout en gardant le pouvoir de les mettre à mort. Le fait que l’animal soit « un objet gouvernable » ne l’intègre pas dans une égalité statutaire avec l’homme.
Document type :
Journal articles
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https://halshs.archives-ouvertes.fr/halshs-02881301
Contributor : Mathilde Gallay-Keller <>
Submitted on : Thursday, June 25, 2020 - 3:38:08 PM
Last modification on : Wednesday, September 23, 2020 - 4:33:57 AM

Identifiers

  • HAL Id : halshs-02881301, version 1

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Citation

Mathilde Gallay-Keller. « Maladies et animaux : des objets gouvernables ? Surveiller, connaître, gouverner ». À propos de « Ce que fait la biosécurité à la surveillance des animaux », Revue d’anthropologie des connaissances, 2015 /2 (Vol. 9, n° 2), coordonné par Nicolas Fortané & Frederick Keck. Lectures anthropologiques, 2017, Les animaux en anthropologie, 2. ⟨halshs-02881301⟩

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