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Les Portraits de poétesses, du IVe s. avant J.-C. à l'époque impériale

Résumé : La présente contribution examine les sources littéraires et visuelles que nous possédons au sujet des portraits des poétesses grecques. Elle envisage à la fois les portraits isolés souvent élaborés aux ive et iiie siècles dans différentes cités du monde grec afin d'honorer les poétesses qui y avaient vécu et les regroupements de tels portraits qui ont pu exister à l'époque hellénistique dans différents sanctuaires et édifices publics. L'objectif du présent article n'est pas de proposer un inventaire exhaustif de la documentation, mais de dégager certaines caractéristiques communes qui se seraient imposées, dans la représentation des poétesses, à partir de la fin du ive siècle av. J.-C. Les sculpteurs et les peintres n'hésitent pas à mettre en valeur les poétesses en représentant des situations qui les confrontent à leurs homologues masculins. L'examen de la Corinne conservée au Musée Vivenel à Compiègne et celui du portrait de Sappho reconstitué par E. Schmidt permet en outre de mettre en évidence l'homogénéité visuelle de types créés par Silanion pour des contextes très éloignés (Agrigente et Tanagra [?]) : la poétesse est à chaque fois représentée sans instrument de musique mais avec un instrument d'écriture, dans une attitude qui traduit à la fois la modestie du modèle et sa méditation intense. Ces deux poétesses ne sont pas représentées dans l'acte de déclamer ou en dialogue avec une Muse, mais au moment de l'élaboration intime et personnelle de leur poésie. La présente étude s'intéresse particulièrement au cas du complexe pompéien du Champ de Mars et à l'homogénéité visuelle du groupe de portraits de poétesses qui y était exposé : cette homogénéité se traduit à la fois dans la récurrence des mêmes noms de sculpteurs au sein d'une liste d'œuvres transmise par Tatien et dans les quelques sources visuelles conservées. La réception de cette collection statuaire auprès d'un épigrammatiste de l'époque augustéenne suggère que les poétesses y étaient implicitement comparées à des Muses, même si leur nombre était supérieur à neuf. Un tel dispositif visuel pourrait remonter à un modèle perdu qui pouvait prendre place au sein du Val des Muses ; le rhyton 47 de Nisa semble en effet attester l'existence d'un tel dispositif visuel dès l'époque hellénistique.
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https://halshs.archives-ouvertes.fr/halshs-02628535
Contributor : Evelyne Prioux <>
Submitted on : Tuesday, May 26, 2020 - 11:20:46 PM
Last modification on : Tuesday, March 2, 2021 - 10:24:18 AM

Identifiers

  • HAL Id : halshs-02628535, version 1

Citation

Évelyne Prioux. Les Portraits de poétesses, du IVe s. avant J.-C. à l'époque impériale. Cusset Christophe; Belenfant Pierre; Nardone Claire-Emmanuelle. Féminités hellénistiques: Voix, genre, représentations, Peeters, pp.223-268, 2020, 978-90-429-4069-7. ⟨halshs-02628535⟩

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