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Ecarter de nous la souffrance. Enjeux d'une obsession contemporaine de l'organisation du travail

Résumé : Ecarter de nous la souffrance : Paradoxes et enjeux d'une obsession dans l'organisation du travail contemporaine Mon interrogation liée à la prolifération des discours sur la souffrance au travail est née d'une conférence prononcée par Pierre Yves Gomez, économiste et historien des idées, où il présentait ce qui était son dernier ouvrage, Le travail invisible, enquête sur une disparition. Au tout début de sa conférence, qui date de 2015, il partait de l'affirmation d'un paradoxe entre deux éléments : 1 er élément : les conditions de travail n'ont jamais été aussi douces dans l'histoire en raison de la conjonction de plusieurs facteurs techniques et juridiques principalement. La technique a permis de réduire la pénibilité de nombreuses tâches, si on compare par exemple la nature des tâches des ouvriers des manufactures de la fin du dix-neuvième siècle avec celles des ouvriers des usines dites 4.0, on aurait du mal à affirmer que la souffrance des seconds dépasse celle des premiers. Le développement d'une législation du travail a permis d'améliorer les conditions de travail (en imposant par exemple des limites à la durée du travail ou au pouvoir disciplinaire de l'employeur). 2 ème élément : la souffrance au travail semble n'avoir jamais été aussi vive (cette affirmation est documentée par des statistiques liés aux cas de burnout , de dépressions, de troubles musculo-squelettiques, les suicides sur les lieux de travail…). Cette plainte émerge de secteurs d'activité très diversifiés (économie sociale et solidaire, administration publique, entreprises privées, auto-entrepreneurs…) au travers des nombreuses études menées par les sciences du travail ou des produits de l'industrie culturelle, tels que le dernier film de Kenn Loach, Sorry I missed you. Pierre Yves Gomez dans Le travail invisible, comme dans son dernier ouvrage, L'esprit malin du capitalisme, explique ce paradoxe apparent par le fait que les organisations du travail proposées par nos sociétés globalisées et néolibérales auraient oublié le travail vivant, générant ainsi une souffrance liée à un étouffement de ce qui dans le travail peut être source d'épanouissement. Ce paradoxe soulevé par Pierre-Yves Gomez m'interroge depuis quatre ans. Mais je ne peux me satisfaire de la réponse qui est proposée.
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https://halshs.archives-ouvertes.fr/halshs-02492310
Contributor : Christine Noel Lemaitre <>
Submitted on : Wednesday, February 26, 2020 - 6:43:20 PM
Last modification on : Thursday, March 5, 2020 - 6:59:46 PM
Long-term archiving on: : Wednesday, May 27, 2020 - 8:35:05 PM

Identifiers

  • HAL Id : halshs-02492310, version 1

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Christine Noël Lemaître. Ecarter de nous la souffrance. Enjeux d'une obsession contemporaine de l'organisation du travail. 2019. ⟨halshs-02492310⟩

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