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« Le statut de la Preuve dans les Difficultés sur la religion proposées de Robert Malebranche »

Résumé : Le statut de la « preuve » avancée pour défendre une hypothèse, qu'elle soit scientifique, philosophique, historique, religieuse ou autre, constitue un enjeu majeur dans le débat d'idées qui caractérise la production intellectuelle des XVII e et XVIII e siècles. La preuve, autrement dit, « ce qui prouve la vérité d'une proposition, d'un fait », selon la définition de la première édition du Dictionnaire de l'Académie française (1694), constitue un élément essentiel de la démonstration, à un moment où l'argument d'autorité, le poids de la foi, sont sérieusement mis en cause. Et il ne s'agit pas seulement de la nature propre de l'argument avancé, mais de sa valeur logique, rhétorique, épistémologique, ainsi que de son articulation dans le discours qui lui sert de support. Les usages que l'on fait de la « preuve » dans la littérature d'idées de l'Âge classique et du siècle des Lumières sont, de ce point de ce vue, extrêmement diversifiés et répondent souvent à des enjeux complexes, dont il convient d'analyser la portée en tant que révélateurs, non seulement de la qualité logique des raisonnements exposées, mais surtout de la relation qu'établissent les penseurs à leur objet d'étude. Le cas des manuscrits philosophiques clandestins est de ce point de vue paradigmatique. Conçus essentiellement pour imposer une nouvelle pensée fondée sur l'utilisation première de la raison les écrits clandestins accordent une place essentielle à la valeur des preuves apportées, dont ils font, en fin de compte, leur matière première. Ce corpus est désormais assez bien connu des chercheurs travaillant sur la littérature d'Ancien régime, même s'il est encore très difficile de donner une définition exacte de ce qu'on appelle les « manuscrits philosophiques clandestins ». La recherche des dernières années a montré, par exemple, la difficile relation qui existe entre la clandestinité de ces textes et leur statut littéraire et éditorial 1 : il s'agit, pour la plupart d'entre eux, de textes manuscrits, inédits, recopiés par des copistes professionnels ou des lecteurs philosophes, et circulant sous le manteau, dans un nombre d'exemplaires variable 2 ; mais il peut s'agir également de copies manuscrites plus ou moins fidèles de textes imprimés, dont la rareté, la dangerosité ou la 1 Voir le dossier thématique que consacre à ce sujet La Lettre clandestine n° 11, 2003. 2 On ne connaît, pour certains de ces textes, que des copies isolées, comme c'est le cas de la Dissertation sur la formation du monde, dont l'unique exemplaire est conservé à la Bibliothèque Mazarine (1168). Mais le cas contraire est également vrai, comme le prouve le célèbre Traité des trois imposteurs, dont on recense à ce jour pas moins de soixante-quinze localisations, pour près d'une centaine de copies. Pour plus de détails, voir Miguel Benítez, La Face cachée des Lumières. Recherches sur les manuscrits philosophiques clandestins de l'âge classique. Paris, Universitas, Oxford,Voltaire Foundation, 1996.
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https://halshs.archives-ouvertes.fr/halshs-02329331
Contributor : Maria Susana Seguin <>
Submitted on : Friday, October 25, 2019 - 3:05:17 PM
Last modification on : Tuesday, May 12, 2020 - 1:46:05 PM
Document(s) archivé(s) le : Sunday, January 26, 2020 - 12:46:09 PM

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  • HAL Id : halshs-02329331, version 1

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Maria-Susana Seguin. « Le statut de la Preuve dans les Difficultés sur la religion proposées de Robert Malebranche ». Nathalie Vienne-Guérin et Jean-Pierre Schandeler, Les Usages de la preuve d'Henri Estienne à Jérémy Bentham. Québec, Presses de l’Université Laval, 2014, p. 369-384., 2014. ⟨halshs-02329331⟩

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