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La fabrication parentale de l'excellence scolaire

Résumé : La fabrication parentale de l'excellence scolaire SANDRINE GARCIA, Professeure en sciences de l'éducation à l'lREDU (université de Bourgogne). Article paru dans SCIENCES HUMAINES, n°318, Octobre 2019, pp. 38-41 Dans les catégories sociales moyennes et supérieures, les parents interviennent massivement dans la scolarité de leurs enfants : préapprentissage de la lecture, suivi des devoirs, entraînements supplémentaires, etc. Un travail souvent caché, qui vient façonner les dispositions scolaires de ces élèves. Pourquoi les enfants des milieux favorisés réussissent-ils mieux à l'école ? Cette question semble avoir été réglée dès les années 1960. Dans leurs ouvrages phare, Les Héritiers et La Reproduction, Pierre Bourdieu et Jean-Claude Passeron mettaient l'accent sur la transmission « par osmose » du capital culturel parental. Les enfants des classes moyennes et supérieures bénéficieraient « par des voies indirectes plutôt que directes (...) d'un système de valeurs implicites et profondément intériorisées qui contribuent à définir entre autres choses les attitudes à l'égard du capital culturel et à l'égard de l'institution scolaire ». Ayant accès aux livres et aux musées, entendant les conversations parentales, ces enfants vivent dans un « bain culturel ». Ce qui suffirait à les rendre spontanément disposés à répondre aux exigences scolaires. Depuis ces travaux pionniers, révolutionnaires à l'époque, la sociologie française a curieusement désinvesti cette question. La réussite scolaire des enfants bien dotés semble aller de soi, tellement de soi qu'elle est très peu étudiée. On continue à évoquer la « transmission par osmose » comme si celle-ci était la seule explication. Or, aujourd'hui, il nous semble que cette explication ne suffit pas, ou plus. Elle vient en effet éluder tout le travail parental réalisé par certaines familles pour soutenir la scolarité de leurs enfants : suivi des devoirs, entraînement scolaire, recours à des cours particuliers, dictées du weekend , séjours linguistiques, récitations des poèmes et des tables de multiplication, choix stratégiques des activités extrascolaires... Il existe au sein des foyers tout un travail invisible, interventionniste, souvent tu par les familles elles-mêmes, qui conduit à valider une norme scolaire inaccessible sans travail parental soutenu et régulier. Préapprentissage de la lecture À l'appui de cette hypothèse, nous avons mené une enquête auprès d'une soixantaine de familles. Obtenir des réponses sincères n'a pas toujours été simple. Il existe en effet une injonction sociale au nom de laquelle les parents ne doivent pas « pousser » leurs enfants ni anticiper les apprentissages scolaires. Mais en sondant leur utilisation d'objets permettant d'initier des apprentissages (comme les lettres magnétiques à assembler sur le frigo pour composer quelques syllabes ou les affiches comportant un alphabet), il apparaît que les parents sont bien plus actifs qu'ils le disent au premier abord. Plus encore, si on les interroge sur la manière dont ils procèdent, comme pour lire une histoire le soir, ils livrent des pratiques explicitement pédagogiques. Par exemple, ils posent à leurs enfants des questions sur le livre
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https://halshs.archives-ouvertes.fr/halshs-02302467
Contributor : Bertille Theurel <>
Submitted on : Friday, April 17, 2020 - 6:56:58 PM
Last modification on : Tuesday, April 21, 2020 - 11:37:28 AM

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  • HAL Id : halshs-02302467, version 1

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Sandrine Garcia. La fabrication parentale de l'excellence scolaire. Sciences humaines, Sciences Humaines, 2019, pp.38-41. ⟨halshs-02302467⟩

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