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Le présent n’est pas plus parfait que le passé n’est simple

Résumé : Le présent n'est pas plus parfait que le passé n'est simple "Le passé, voilà le véritable enfer, on n'en sort jamais. " Armand Salacrou, Les flammes de l'enfer "Let schoolmasters puzzle their brain With grammar, and nonsense, and learning." Oliver Goldsmith, She Stoops to Conquer Le passé est inévitable Dans une langue, on ne peut éviter la référence au temps. Malraux était bien présomptueux qui déclarait dans La Condition humaine: "Je déteste me souvenir. Et ça ne m'arrive pas: ma vie n'est pas dans le passé, elle est devant moi" (159). Le commun des mortels a besoin de verbes pour exprimer l'action (throw, leap), la perception (see, hear), l'entendement (think, believe), l'état (be) ou encore le changement (become). Et nous avons besoin de situer ces verbes dans le temps. On ne passe pas sa vie à jeter une balle, entendre un train siffler (même trois fois), à croire au Père Noël, à être riche (ou pauvre, encore que…), à devenir adulte (encore que…). Même dans un domaine de spécialité étroit on ne peut éviter cet aspect de la langue. Le temps ne suspend pas son vol. Le présent, à chaque seconde, se transforme en passé. Le passé s'éloigne de plus en plus. Il fait la coupure avec le présent ou maintient un lien avec lui. Toutes ces variations s'expriment différemment en anglais et en français. Le passé s'apprend Une croyance fort répandue des anglophones qui enseignent leur propre langue, sans formation à cette tâche, est que, en somme, on apprend une langue étrangère comme sa langue maternelle et qu'un bon modèle est suffisant pour acquérir une langue. Pour Krashen, l'enseignement de la grammaire ne joue aucun rôle dans l'acquisition. Il faut simplement que l'apprenant/e ait accès à du "comprehensible output" et qu'il/elle soit suffisamment motivé/e. On sait maintenant que la motivation est première dans l'apprentissage. Combien de gens ont passé des années dans un pays étranger sans jamais apprendre la langue? D'autres études (citées par Ellis, 101) ont montré que l'enseignement explicite contribue à l'acquisition, et les programmes d'immersion linguistique ne donnent pas forcément de bonnes compétences grammaticales. Dans la plupart des situations d'apprentissage, hors pays anglophones, la quantité de messages écrits ou oraux avec laquelle l'apprenti/e anglophone est en contact est faible, réduite aux heures de classe et à quelques chansons dont on n'écoute pas forcément les paroles (pas plus qu'on n'écoute l'enseignant/e) et on voit bien que l'apprentissage ne se fait pas ou, pour être moins pessimiste, se fait mal. Et il ne se fait pas non plus malgré l'enseignement formel, déclaratif de la grammaire. Il y a donc débat, non tranché, sur la question de savoir si des explications rationnelles, des descriptions de la langue aident à apprendre ou si l'on apprend comme les enfants, par immersion. Je pencherais pour la première solution car on a affaire, hors école primaire, à des
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Contributor : Nicole Décuré <>
Submitted on : Monday, June 10, 2019 - 6:57:26 PM
Last modification on : Friday, January 10, 2020 - 9:10:17 PM

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36 Le présent n’est pas plu...
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Nicole Décuré. Le présent n’est pas plus parfait que le passé n’est simple. Passerelle (revue du laboratoire LOAPL), Anwar El Maarifa, 2007. ⟨halshs-02151964⟩

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