Retours contraints au Sénégal : maladie mentale et interactions familiales

Résumé : Cette présentation a pour objectif de rendre compte d'une situation marginale mais qui éclaire certains aspects des retours de migrants sénégalais et de la fragilité de leur statut lorsque le retour est contraint par la maladie-maladie mentale en l'occurrence-, et qu'il n'est préparé, ni forcément souhaité par les acteurs que ce soit le migrant ou sa famille. Il s'agit à travers la mobilisation de données ethnographiques d'interroger l'impact de la santé mentale sur les parcours migratoires et ce qu'ils révèlent des liens familiaux. Les migrants peuvent à leur demande ou selon la volonté de leur famille choisir de revenir par leurs propres moyens ou d'être rapatriés pour des raisons sanitaires afin d'être soignés dans leur pays d'origine lorsque survient une crise psychique en migration. L'apparition d'une pathologie peut ou pas être liée à l'expérience migratoire, mais qu'elle qu'en soit l'origine elle a des conséquences sur le projet migratoire. Dans un premier temps nous rappellerons comment le retour est (ou pas) intégré aux théories des migrations internationales, puis nous reviendrons sur la place du migrant au sein de la société et des familles sénégalaises, et à partir de nos données d'enquête nous examinerons la gestion du retour d'un migrant malade au sein de sa famille. 1-Le migrant et sa famille : dynamiques économiques et socio-culturelles Si la prise de décision d'émigrer a été largement théorisée, la question du retour l'a été beaucoup moins ou elle reste latente dans les théories. Sans doute parce qu'au départ les théoriciens adoptaient implicitement le point de vue des pays d'immigration du Nord (Amérique, Europe), et qu'il leur importait de modéliser les motivations des migrants afin de comprendre quelles pouvaient être leurs contributions aux économies et leurs capacité « d'intégration » par le travail aux sociétés qu'ils rejoignaient dans cette époque de croissance. Cette prise de décision se résume à un calcul, à une comparaison mettant en perspective les avantages et les coûts à rester ou à partir (Lee, 1966 ; Harris et Todaro 1970). Dans cette perspective, le migrant-acteur individuel-est un être rationnel, un homo oeconomicus qui réagit aux déterminants structurels (différentiels de niveaux de salaires, d'opportunités d'emplois, de mobilité sociale) qui orientent les flux migratoires. Le migrant maximise son intérêt en choisissant une destination qui lui permet de satisfaire ses attentes et en fonction de son capital humain (Schultz 1961 ; Becker 1964). La théorie du choix rationnel est une théorie de l'action. A partir des années 1990, la nouvelle économie des migrations (la NEM) en se fondant sur la micro économie des familles (Becker 1992) va renouveler et élargir ce cadre théorique. Les migrations internationales sont analysées non plus comme une stratégie de maximisation des gains, mais comme une stratégie de diversification des risques
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Contributor : Véronique Petit <>
Submitted on : Sunday, April 28, 2019 - 6:06:26 PM
Last modification on : Friday, May 3, 2019 - 1:14:21 AM

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Véronique Petit. Retours contraints au Sénégal : maladie mentale et interactions familiales. APAD Conférence PANEL : Retourner, circuler, rester : analyse des stratégies familiales des migrants africains, APAD, May 2018, Roskilde, Danemark. ⟨halshs-02113375⟩

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