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Philosophie moniste de l’intérêt et réforme politique chez Helvétius

Résumé : Dans la lutte qui oppose les philosophes des Lumières à leurs ennemis, tous n’ont qu’un seul mot à la bouche : l’utile. Les prêtres, disent les philosophes, sont oisifs donc inutiles, voire nuisibles. Les philosophes, disent les théologiens, usurpent leur nom : la « fausse philosophie du siècle » se trahit par son inutilité, tandis que la vraie philosophie est utile sur le chemin du salut. On examine ici les liens qui unissent chez Helvétius la philosophie de l’intérêt, la politique de l’utilité et le matérialisme. O. Bloch a soulevé cette même question à propos de Hobbes, figure tutélaire de la philosophie d’Helvétius. Si, selon O. Bloch, Hobbes « entend bien quant à lui présenter ses théories politiques comme une conséquence de ses thèses matérialistes : […] corporéisme et mécanisme », qu’en est-il d’Helvétius ? Les débats de physique offrent à Helvétius des difficultés nouvelles : on ne peut plus s’appuyer sur le même mécanisme matériel, la notion même de matière étant devenue problématique, ce qui génère chez Helvétius un forte réticence à s’engager à ce propos, et l’impossibilité de « présenter ses théories politiques comme les conséquences de ses thèses matérialistes ». Pourtant Beaumont a affilié avec pertinence la philosophie politique d’Helvétius à celle de Hobbes. Nous voudrions développer ici l’hypothèse selon laquelle cette filiation est celle d’un nominalisme politique, dont la formule explicite est « Si nin esset Lex, non esset peccatum ». Au sein de ce nominalisme, la place cruciale accordée à la notion d’éducation remet en cause l’interprétation qui fait d’Helvétius un partisan de « ce qu’on a coutume de nommer improprement le despotisme éclairé ». Tout n’est pas affaire de législation, mais de législation et d’éducation ; et plus précisément, en identifiant la science de l’une à celle de l’autre, Helvétius effectue un geste philosophique et pratique nouveau. Il réalise pleinement la dimension réformatrice de ce nominalisme politique comme nous le verrons ici. C’est en interprétant de cette manière ces thèmes bien connus de la philosophie d’Helvétius qu’on peut rendre à son œuvre la portée politique scandaleuse qui fut la sienne en son temps.
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Contributor : Sophie Audidière <>
Submitted on : Sunday, April 14, 2019 - 5:06:07 PM
Last modification on : Tuesday, December 17, 2019 - 1:23:44 AM

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audidiere_PUF_2003.pdf
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  • HAL Id : halshs-02099263, version 1

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Sophie Audidière. Philosophie moniste de l’intérêt et réforme politique chez Helvétius. Sophie Audidière; Francine Markovits; Jean-Claude Bourdin. Matérialistes français du XVIIIe siècle, 2006. ⟨halshs-02099263⟩

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