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Conference papers

La force de l’individuel face au trait /pluriel/ : comment nommer le « un » lorsque la grammaire ne le prévoit pas

Résumé : Dans le domaine nominal, en anglais, l’appréhension prototypique d’une entité concrète s’opère par le biais de l’individualisé, via la grammaire du dénombrable : le singulier dénote une entité (ex. cyclist), et le pluriel s’obtient par réduplication (ex. cyclists). Mais la langue propose également une autre approche, plus secondaire, par le biais de la pluralité. On n’entend pas par là le cas bien connu des noms collectifs (ex. committee), à la double strate de conceptualisation (un groupe, composé de plusieurs membres), mais des têtes de groupes nominaux grammaticalement pluriels : - les adjectifs partiellement substantivés (ex. the poor) : qu’on les considère comme des cas de fusion du modifieur et de la tête (Huddleston & Pullum 2002) ou comme des cas de distorsion catégorielle, ils dénotent une pluralité (ex. the poor = ‘les personnes qui sont pauvres’) ; - les pluriels lexicaux qui dénotent une pluralité d’entités (ex. furnishings, durables, ou emplois de pluriel non fléchi de noms par ailleurs collectifs, ainsi (these) crew, Gardelle 2016). Ces termes ont en commun d’avoir été créés pour pouvoir nommer ensemble toute une pluralité d’entités qui partagent une qualité commune (ex. injured), un lieu commun (ex. groceries), un domaine commun (ex. Victoriana), etc. (Wierzbicka 1988). Ils sont d’ailleurs rarement accompagnés de modifieurs spécifiant des qualités spécifiques aux référents désignés. Pourtant, un certain nombre de contextes appellent à l’individuation, à la référence au « un », condition également de tout décompte ; ainsi une personne pauvre. Or la grammaire du pluriel ne prévoit pas cette possibilité : contrairement aux indénombrables singuliers (ex. furniture), elle ne permet pas le dénombreur (cf. item(s) / piece(s) of) ; pour les adjectifs, le retour à la fonction épithète (ex. a poor person) ne convient pas dans tout contexte. Peu à peu ont donc émergé des contournements de cet obstacle, par divers moyens. La présente étude vise à recenser ces modes, et à montrer leurs contraintes et la cohérence qui les sous-tend. Il peut s’agir : - d’ajustements syntaxiques : ainsi one injured (mais *an injured) ; - de phénomènes de réanalyse : du -s final en pluriel morphosyntaxique pour certains pluriels lexicaux (ex. a good en économie, a durable) ; ou de certains pluriels latins en singuliers indénombrables (ex. memorabilia), permettant ainsi item(s) of ; - ou encore d’innovations lexicales ; on montre la productivité et les limites du suffixe -ie (ex. autie, deafie, deadie) ; l’évolution de Brit, qui s’impose face aux concurrents Britisher et Briton, est également analysée. Au final, ce que montre cette étude est la puissance de l’opération cognitive d’individuation, largement sous-estimée dans la littérature actuelle, qui s’intéresse plus à ce concept sous l’angle de l’opposition dénombrable/indénombrable.
Document type :
Conference papers
Complete list of metadata

https://halshs.archives-ouvertes.fr/halshs-02072396
Contributor : Laure Gardelle <>
Submitted on : Tuesday, March 19, 2019 - 10:37:01 AM
Last modification on : Tuesday, May 11, 2021 - 11:36:45 AM

Identifiers

  • HAL Id : halshs-02072396, version 1

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Citation

Laure Gardelle. La force de l’individuel face au trait /pluriel/ : comment nommer le « un » lorsque la grammaire ne le prévoit pas. Congrès SAES 2019 - L'exception, Aix-Marseille Université, Jun 2019, Aix en Provence, France. ⟨halshs-02072396⟩

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