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D'autres visages pour l'histoire coloniale : les biopics

Résumé : Depuis ses origines, le cinéma orchestre une représentation de l’histoire qui a souvent pu paraître superficielle ou accessoire par son recours fréquent à la reconstitution (effets de mise en scène voire jeu d’acteur). Pour autant, ainsi que le précisait Marc Ferro dès les années 1970 (Cinéma et Histoire, 1977), tout support audiovisuel est une source pour l’historien car au-delà de ce qu’il porte à l’écran, il renseigne sur la manière dont une époque se représente le passé. La fiction devient donc un document de référence dans une approche socio-historique qui permet d’appréhender les contours d’une certaine mémoire collective déterminée par l’objet filmique et sa diffusion de masse. Or lorsque un film ou téléfilm braque son objectif sur un événement ou une personnalité, il laisse forcément une part du réel dans l’ombre, et finit souvent par contraindre l’imaginaire, éclipsant par ses représentations, les faits qu’il était pourtant supposé mettre en lumière. Ainsi pour le grand public, l’histoire coloniale de la France se limite-t-elle à un corpus de films de guerre (guerre d’Algérie essentiellement). Nous avons donc choisi de dépasser le contexte conflictuel décanté dans l’imaginaire collectif après une demi-siècle de films de genre, pour nous concentrer sur une tendance transversale dans l’histoire audiovisuelle : le biopic (biography in pictures). Le corpus envisagé s’étend des années 1930 aux productions les plus récentes (à l’exclusion donc du cinéma muet) afin d’établir une étude comparée des discours coloniaux et post-coloniaux sur la base d’une même structure de récit filmique. Des films de commande pour promouvoir l’empire ultramarin français (films coloniaux) à la volonté de reprendre possession d’une histoire « indigène » jusqu’alors seulement racontée d’un point de vue eurocentré (Vénus noire d’Abdellatif Kéchiche, 2010) en passant par les « chevaux de Troie » que constituent certains personnages historiques « récupérés » pour porter une symbolique qui les dépasse (Leclerc, un rêve d’Indochine, de Marco Pico, 2003) et les emblèmes d’un passé sur lequel il ne faut plus faire l’impasse pour mieux comprendre la société contemporaine et ses traumas (La Trahison de Philippe Faucon, 2005), les biopics incarnent une large palette de techniques et de stratégies narratives pour donner à la société les moyens de se souvenir de sa mauvaise mémoire en restreignant l’histoire collective à l’expression d’une individualité.
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https://halshs.archives-ouvertes.fr/halshs-02071199
Contributor : Delphine Robic-Diaz <>
Submitted on : Monday, March 18, 2019 - 2:30:48 PM
Last modification on : Tuesday, March 19, 2019 - 1:29:36 AM

Identifiers

  • HAL Id : halshs-02071199, version 1

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Citation

Robic-Diaz, Delphine. D'autres visages pour l'histoire coloniale : les biopics. Isabelle David; Fabrice Galtier; Flore Kimmel-Clauzet. La Fabrique des mémoires publiques, Atlande, 2018, 2350305163. ⟨halshs-02071199⟩

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