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Conference papers

Effets de l'imitation et de la parole synchronisée sur l'articulation segmentale de l'anglais et de l'allemand langues étrangères

Résumé : Ce travail étudie les effets de la parole synchronisée (joint speech, Cummins, 2013) sur la prononciation d'une langue étrangère (L2) au niveau segmental. Malgré sa popularité clinique grâce à sa contribution à la rééducation de la parole fluente (Kalinowski et Saltuklaroglu, 2003 ; Zumbansen et al. 2014), la parole synchronisée est rarement considérée comme un moyen d'entraînement à la prononciation dans le cadre de l'apprentissage d'une L2. Dans notre étude, nous avons comparé la qualité de la prononciation en anglais (langue d'apprentissage) et en allemand (langue inconnue) chez 13 locutrices natives du français, dans deux conditions expérimentales, la parole synchronisée et l'imitation. Les huit phonèmes étudiés sont /ɪ/, /i:/, /s/ et /θ/ en anglais, et /ɪ/, /i:/, /b/ et /p/ en allemand. Les analyses acoustiques et statistiques nous confirment les effets immédiats de l'imitation et de la synchronisation sur l'articulation des voyelles /ɪ/ et /i:/. N'ayant pas produit distinctement le /ɪ/ et le /i:/ avant de participer à l'expérience, les sujets francophones ont mieux produit ces deux voyelles lors de l'expérience dans les deux langues et dans les deux conditions, malgré que le contraste soit moins évident que celui de la production des locutrices natives (voir les figures1 et 2). Du côté des productions consonantiques, tous les sujets francophones ont prévoisé le /b/ dans le pré-test en anglais, alors qu'environ une moitié des sujets n'ont plus prévoisé le /b/ dans les deux conditions (voir la figure 4). Par contre, l'aspiration du /p/ reste beaucoup plus courte que celle de la locutrice allemande. Les sujets ont surtout semblé avoir plus de difficulté à produire le /θ/ en anglais, ayant tendance à l'articuler plus postérieur (voir la figure 3). Pourtant, les effets de l'imitation et de la synchronisation sur la qualité de la prononciation ne sont pas statistiquemebnt distincts dans les six phonèmes cibles. L'absence de la supériorité de la parole synchronisée dans l'amélioration de la prononciation au niveau segmental pourrait s'expliquer par deux facteurs principaux. En premier lieu, il faudrait au moins un minimum de temps qui passe pour que l'input extérieur apporte l'effet de la convergence phonétique. L'hypothèse phonémique associée aux objectifs articulatoires doit nécessairement engendrer avant que la commande motrice soit activée, et donc que la parole synchronisée au sens propre ne pourrait pas amener un effet immédiat sur l'adaptation de la production au niveau segmental. En deuxième lieu, sémantiquement, la consigne de la synchronisation pourrait mettre l'accent sur la demande de commencer et terminer la phrase en même temps que la voix modèle, en ignorant les détails phonétiques de chaque phonème énoncé. La consigne de l'imitation, en revanche, aurait été comprise comme « essayer de faire ressemblant » à la voix modèle, et donc obliger les sujets à prêter plus attention aux caractéristiques phonétiques pour atteindre les buts articulatoires.
Document type :
Conference papers
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https://halshs.archives-ouvertes.fr/halshs-02068368
Contributor : Gwénaëlle Lo Bue Connect in order to contact the contributor
Submitted on : Thursday, March 14, 2019 - 7:59:04 PM
Last modification on : Tuesday, January 4, 2022 - 3:51:30 AM
Long-term archiving on: : Saturday, June 15, 2019 - 7:19:15 PM

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Identifiers

  • HAL Id : halshs-02068368, version 1

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Citation

Wenxun Fu, Barbara Kühnert, Claire Pillot-Loiseau, Simone Falk. Effets de l'imitation et de la parole synchronisée sur l'articulation segmentale de l'anglais et de l'allemand langues étrangères. 2èmes journées d’études du Réseau d’Acquisition des Langues Secondes (ReAL2), Dec 2018, Nantes, France. ⟨halshs-02068368⟩

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