Skip to Main content Skip to Navigation
Reports

Enclos funéraire protohistorique, évolution d'un réseau parcellaire fossoyé de l’époque romaine à l’époque contemporaine : Lattes, Saint-Pierre nord, Languedoc-Roussillon, Hérault

Abstract : L’opération dite de Saint-Pierre nord a été réalisée dans le cadre du projet d’aménagement du Déplacement de l’autoroute A9, contournement de Montpellier (DA9M). Elle est connexe à la fouille de Saint-Pierre sud réalisée sous la direction de Cécile Jung sur le tracé de la ligne LGV CNM, à l’ouest du chemin de Saint-Pierre. La fouille a permis le décapage d’une surface de 1,2 ha à l’est du chemin de Saint-Pierre et la réalisation de tranchées exploratoires complémentaires au diagnostic à l’ouest du chemin. Hormis de rares structures du Néolithique moyen ou final et une grande fosse datée de la Protohistoire, les vestiges mis au jour se rapportent principalement au second âge du Fer, à la période romaine et à la fin du Moyen Age. Ces découvertes sont inscrites dans un paléo-talweg d’axe nord-sud emprunté par l’actuel chemin de Saint-Pierre. La fouille a mis en évidence un enclos fossoyé quadrangulaire associé à huit structures funéraires datées entre le milieu du Ve s. et le milieu du IVe s. av. J.-C., situé à 30 m du complexe funéraire contemporain de Saint-Pierre sud. Dans un premier état, l’enclos de 57 m2 est occupé par un dépôt secondaire de crémation en ossuaire appartenant à un adulte associé à une fusaïole en céramique, un bracelet en bronze et deux fibules, en bronze et en fer (450-400). Dans un deuxième état (425-400), l’enclos est agrandi et trois nouvelles structures sont installées dans la partie inférieure des fossés. Un bûcher a livré les restes d’un adulte et d’un enfant de moins d’un an, une coupe attique, une urne non tournée et une stèle anthropomorphe en calcaire, également brûlée. Une partie des os de l’adulte est déposée avec une agrafe de ceinture en fer dans une urne non tournée installée à proximité. L’ossuaire fermé par une coupe en céramique peinte de Marseille, et contenant un skyphos en céramique grise monochrome, est placé dans un coffrage en bois. Un second ossuaire en céramique non tournée contenant les os d’un individu adolescent ou adulte est protégé par une couverture associée à une planche en bois d’Aubépine brûlée et à une stèle en calcaire. Ces structures sont recouvertes par des remblais ou des tertres surmontés par une stèle en calcaire retrouvée brisée, en partie en place. Dans une troisième étape d’aménagement (400-350), des dépôts de crémation sont installés dans le comblement des fossés, au-dessus ou à proximité des tombes antérieures : un dépôt de crémation d’un sujet adulte associé à une fusaïole, et deux dépôts de résidus de sujets de taille adulte dont un associé à une fibule en bronze. Dans le courant du IIe s. av. J.-C., l’enclos funéraire est englobé dans une parcelle quadrangulaire d’au moins 1770 m2, délimitée par un fossé de grandes dimensions, aux parois évasées et au fond plat. L’espace délimité et monumentalisé par ce fossé est occupé par des tranchées de plantation de vigne. L’aire sépulcrale protohistorique, manifestement encore visible et préservée, mais apparemment dépourvue de nouvelles structures, pourrait avoir conservé une fonction funéraire ou mémorielle. Au cours du Ier s. av. J.-C. un réseau de fossés parcellaires formant un découpage régulier, est mis en place au nord de cette parcelle, probablement en lien avec la voie située sous le chemin de Saint-Pierre et qui a été reconnue sur le site de Saint-Pierre sud. Ces fossés témoignent d’un drainage et d’une mise en valeur de la dépression par des activités agraires (d’après les données malacoloqiques), sans doute en relation avec un habitat qu’on restitue au nord-ouest de l’emprise d’après la répartition des fragments de céramique et des déchets alimentaires (restes de coquillages marins). A la même époque, la vigne de la parcelle méridionale est agrandie vers le nord. Le changement d’ère voit la mise en place d’un système de drainage dont la morphologie s’affine au cours du Ier s. de notre ère. Ce dernier se développe sous la forme d’une trame parcellaire en épi, caractéristique de la mise en valeur de zones humides ou de cuvette. Ce système évite la parcelle tardo-républicaine qui englobe l’enclos protohistorique. Contrairement à la période précédente, on ne détecte pas d’indices d’habitat dans le proche environnement. A la fin du Moyen Age et au début de l’époque moderne, le secteur est réinvesti et un nouveau réseau de fossés se met en place pour le drainage de la dépression de part et d’autre du chemin de Saint-Pierre. La présence d’une canalisation en blocs de calcaire au fond de l’un d’eux fait penser qu’à une des étapes d’aménagement, l’eau drainée a été canalisée pour l’irrigation ou pour un abreuvoir. Une borne installée dans le comblement d’un fossé a été retrouvée en limite sud de l’emprise. Dans une première étape d’aménagement, une vigne est implantée le long du chemin de Saint-Pierre. La dernière phase de drainage du secteur se situe au cours des XIXe et XXe s. ; elle est représentée par de nouveaux fossés qui coïncident avec les limites parcellaires antérieures à l’aménagement autoroutier. La fouille de Saint-Pierre nord nous permet ainsi de restituer de manière relativement précise et documentée, l’histoire de la structuration d’un petit coin de la campagne lattoise sur la longue durée, depuis l’âge du Fer jusqu’à nos jours.
Document type :
Reports
Complete list of metadatas

https://halshs.archives-ouvertes.fr/halshs-02060905
Contributor : Valérie Bel <>
Submitted on : Thursday, March 7, 2019 - 5:04:14 PM
Last modification on : Thursday, October 15, 2020 - 4:14:03 PM

Identifiers

  • HAL Id : halshs-02060905, version 1

Collections

CNRS | LARA | ASM | INRAP

Citation

Valérie Bel. Enclos funéraire protohistorique, évolution d'un réseau parcellaire fossoyé de l’époque romaine à l’époque contemporaine : Lattes, Saint-Pierre nord, Languedoc-Roussillon, Hérault. [Rapport de recherche] Inrap Meditérranée. 2016. ⟨halshs-02060905⟩

Share

Metrics

Record views

46