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Reports

Les occupations humaines pré et protohistoriques et le développement d’un établissement agricole et d’un espace funéraire antiques en bordure de voie. Autoroute A75 - Section Béziers - Pézenas Hérault, Montblanc. Les Cresses Basses

Abstract : Le site des Cresses Basses, sur la commune de Montblanc, est situé sur le secteur 4 du projet autoroutier A75, section Pézenas-Béziers, à un peu plus d’1 km au nord-ouest du centre villageois et à proximité du ruisseau du Saint-Michel, affluent de la Thongue. Les niveaux archéologiques décapés sur 9400 m2 sont immédiatement sous la terre arable et par conséquent fortement érodés. Ce secteur est déjà signalé par l’Abbé Giry et Jean-Luc Espérou, sous le nom de Prunelle, comme un vaste gisement antique. En 1998, les prospections liées au tracé de l’autoroute A75 dirigées par Jérôme Kotarba ont permis d’identifier trois sites distincts au sein de cet ensemble : Prunelle nord (situé au nord de l’emprise de l’opération), Prunelle sud (situé au sud-est de l’emprise de l’opération) et Cresses Basses ; ce dernier, correspondant à l’emplacement de l’opération que nous avons mené, livre plusieurs types de vestiges : Pour la période antique, Jérôme Kotarba identifie un habitat polynucléaire (trois zones sont définies) se développant sur 2000 à 5000 m2 occupé essentiellement durant le haut Empire et sur lequel le traitement du fer est attesté (Kotarba et al. 1998, volume 3, fiche 42). Une sépulture à incinération de la fin du Ier s. ap. J.-C. est reconnue dans la partie est de la parcelle A1-73, grâce à la récolte d’un petit lot de sigillées brûlées associé à des fragments de tegulae (Kotarba et al. 1998, volume 3, fiche 44). Pour la période Protohistorique, l’auteur identifie un probable habitat rural sur au moins 1000 m2 dans la parcelle A1-73 avec un mobilier céramique daté des VIe-Ve s. av. J.-C. (Kotarba et al. 1998, volume 3, fiche 43). La campagne de diagnostic mécanique dirigée par Gilles Loison en 2006 a permis de sérier l’étendue du site et le type de vestiges conservés. 10 tranchées ont livré des indices attribués à la période antique, qui se développent sur les parcelles A1-73 et 81. L’ensemble est constitué par un bâtiment en matériaux périssable du haut Empire mal caractérisé, une voie sud-est/nord-ouest, des structures agraires (fosses de plantation de vigne et fossés), et un ensemble funéraire composé d’au moins trois incinérations et d’un bustum qui semblent jalonner la voie (Loison et al. 2006, 64-69). La fouille réalisée au printemps 2008 a livré une longue séquence d’occupation depuis le Néolithique final jusqu’à l’Antiquité tardive. Les vestiges de la fin du Néolithique bien qu’erratiques sont néanmoins présents. Ils sont caractérisés par deux structures distantes de 45 m ; une grande fosse à galets chauffés et une fosse oblongue présentant des rejets de foyers. Ces vestiges ténus s’inscrivent dans un débat de fond sur le statut des petits habitats ouverts et notamment sur les relations qu’ils ont pu entretenir avec les vastes sites ceinturés contemporains. Ils peuvent en effet refléter la trace d’habitats occupés ponctuellement, voire saisonnièrement, dans le cadre d’un élevage certainement mobile et peut-être en relation avec les grands habitats ceinturés. La charnière du 1er et 2e âge du Fer est illustrée par deux structures espacées de 60 m, dont les fonctions ne sont pas clairement établies. La première correspond aux restes d’une vaste excavation ne semblant pas cependant correspondre à un fond de cabane. La seconde pourrait éventuellement s’apparenter aux vestiges d’un trou de poteau. En revanche, le mobilier retrouvé dans leur comblement montre clairement la présence d’un établissement rural, dont seuls de rares vestiges subsistent. Le taux relativement élevé d’importations de céramiques indique que cet habitat est bien intégré aux circuits d’échanges micro-régionaux. Les vestiges antiques montrent une longue séquence d’occupation ininterrompue constituée par une large voie de part et d’autre de laquelle s’installe un espace funéraire d’une quinzaine de tombes, par des champs de vignes et des bâtiments agricoles. Les prospections complémentaires réalisées durant l’opération et le mobilier résiduel retrouvé dans certaines structures, permettent de proposer la présence d’un premier établissement, dès les IIe-Ier s. av. J.-C., dont l’assiette devait se trouver sous les bâtiments postérieurs. Cette première occupation est synchrone de la mise en culture des parcelles de vignes et des premiers états de la voie. Les données se tarissent pour l’occupation du changement d’ère et du Ier s. ap. J.-C. ; seules quelques sépultures jalonnent la voie, les autres indices sont indigents et laissent, au mieux, envisager la présence d’un bâtiment à vocation exclusivement agricole. Les espaces d’habitations sont probablement situés sur des sites alentours, comme le Renaussas, à quelques centaines de mètres. Les rares maçonneries conservées et les ramassages de surface montrent une montée en puissance de l’établissement au cours des IIe et IIIe s. ap. J.-C. On identifie alors un bâtiment vinicole, une cour et un probable bâtiment résidentiel, hors emprise. Les cultures s’étendent au sud-ouest ; la voie et la nécropole sont toujours en activité. Par ailleurs, les prospections menées par Jérôme Kotarba et son équipe indiquent la présence d’un autre bâtiment, au sud de l’emprise de la fouille, probablement collé à la voie antique. Les ramassages de surface montrent qu’il s’agit d’un bâtiment à vocation agricole (nombreux dolia, tegulae et rares éléments de vaisselle). L’occupation durant ces deux siècles s’étoffe donc avec des espaces spécialisés. Concernant les pratiques funéraires, celles-ci sont assez homogènes et caractérisées par la fréquence des bûchers en fosse et des tombes bûchers. Ce corpus de bûchers couvrant un large champ chronologique présente des dispositifs variés. Les autres modes de sépultures, notamment l’inhumation apparaissent marginales. L’extrême fin du IIIe, le IVe et la première moitié du Ve s. ap. J.-C. témoignent encore d’une vitalité de l’occupation qui se déplace légèrement vers le sud. On note une activité de métallurgie liée à la présence récurrente et massive de scories de fer, de parois scoriacées, de scories en culot ou de battitures. La voie, encore en activité durant cette période comme une sépulture tardive semble l’attester, a pu jouer un rôle dans cet artisanat. En effet elle dessert probablement l’arrière pays languedocien où se trouvent les gisements de minerais. Les prospections de Jérôme Kotarba montrent enfin le développement d’un site du haut Moyen Age et du Moyen Age classique à moins de cent mètres au nord de la voie des Cresses Basses, le long du chemin du Moulinié. Il s’agit d’un site d’habitat se développant sur 2000 m2 environ. Une sépulture, retrouvée sur le site de Prunelle et datée du IXe s. pourrait être en lien avec ce gisement (Compan 2012). On voit donc sur une durée d’occupation de ce secteur de plus d’un millénaire, une certaine permanence de l’habitat, des activités agricoles et dans une moindre mesure de l’espace funéraire avec de micro-déplacements sur quelques dizaines de mètres. L’ensemble de ces vestiges sont liées à l’activité d’une voie à vocation probablement régionale.
Document type :
Reports
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https://halshs.archives-ouvertes.fr/halshs-02002487
Contributor : Cécile Jung <>
Submitted on : Thursday, January 31, 2019 - 4:55:50 PM
Last modification on : Thursday, October 15, 2020 - 4:14:03 PM

Identifiers

  • HAL Id : halshs-02002487, version 1

Collections

CNRS | INRAP | LARA | ASM

Citation

Cécile Jung, Valérie Bel, Michel Compan, Pierre Rascalou. Les occupations humaines pré et protohistoriques et le développement d’un établissement agricole et d’un espace funéraire antiques en bordure de voie. Autoroute A75 - Section Béziers - Pézenas Hérault, Montblanc. Les Cresses Basses. [Rapport de recherche] Institut national de recherches archéologiques préventives, INRAP. 2012. ⟨halshs-02002487⟩

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