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Conference papers

Diffuser n’est pas jouer : l’interprétation acousmatique et son instrumentarium, les orchestres de haut-parleurs

Résumé : L’art des sons fixés a pris son envol au milieu du XXème siècle avec le développement des musiques concrète en 1948, et électronique en 1950 de part et d’autre du Rhin. Composées en studio et fixées sur des supports audio, les œuvres musicales sont alors diffusées à travers des systèmes plus ou moins complexes de haut-parleurs sans l’intervention d’autres sources sonores. L’expérience du concert en est totalement transformée puisque les traditionnels instruments de musique sont substitués par les différents éléments du dispositif de diffusion (lecteur, interface de contrôle, haut-parleurs). Très tôt, Pierre Schaeffer s’est interrogé sur la manière de diffuser de telles œuvres : « Devait-on régler un fois pour toute des haut-parleurs, ou fallait-il, selon une vague intuition, répondre par une présence à la présence du public, ne pas le laisser seul en face des tourne disques, et ajouter une marge d'exécution, si minime fût-elle, à la reproduction automatique de l’enregistrement? C’est après coup que je me rendis compte de mon audace légitime. Il fallait en effet être présent, et, si peu que ce fût, (apparemment), interpréter » . Comment des dispositifs de diffusion sonore mutent-ils en instruments de musique ? Quelles approches et techniques de jeu les musiciens adoptent-ils à partir de cet instrumentarium pour prétendre jouer une musique qui est entièrement fixée ? Dans le cadre d’un projet de recherche visant à formaliser les enjeux et objectifs de l’interprétation acousmatique, nous nous sommes entretenus avec une douzaine d’experts francophones et avons analysé leur discours suivant les principes de la théorie ancrée afin de dégager les principales dimensions caractérisant cette pratique musicale. Parmi elles figurent la question de l’instrumentarium et la manière de jouer avec. Au cours de cette communication nous reviendrons tout d’abord dans une perspective historique et technologique sur le développement des premiers systèmes multi haut-parleurs et la distinction qui s’opère très vite entre diffuser et jouer (ou interpréter) des musiques sur support. Nous nous focaliserons ensuite sur la question de l’interprétation acousmatique en confrontant les différents points de vue recueillis et verrons, à travers eux, dans quelles conditions des systèmes multi haut-parleurs peuvent être considérés comme des instruments de musique à part entière.
Document type :
Conference papers
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https://halshs.archives-ouvertes.fr/halshs-01968261
Contributor : François-Xavier Féron <>
Submitted on : Wednesday, January 2, 2019 - 1:26:44 PM
Last modification on : Monday, July 20, 2020 - 12:33:14 PM

Identifiers

  • HAL Id : halshs-01968261, version 1

Citation

François-Xavier Féron, Guillaume Boutard. Diffuser n’est pas jouer : l’interprétation acousmatique et son instrumentarium, les orchestres de haut-parleurs. Les lutheries électroniques, Cité de la musique / Philharmonie de Paris, Mar 2018, Paris, France. ⟨halshs-01968261⟩

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