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Poster communications

Construire sur solins dans les campagnes de la région Centre – Val de Loire au premier Moyen Âge

Résumé : Les constructions sur solins dans les campagnes au premier Moyen Âge (VI e-XI e s.) n'ont jusqu'à présent jamais fait l'objet d'un inventaire ou d'une étude spéciique en région Centre-Val de Loire. Ces découvertes, rares, se multiplient parallèlement avec le fort développement de l'archéologie préventive. Sur environ 550 opérations portant sur près de 300 sites ruraux médiévaux, essentiellement du premier Moyen Âge, l'inventaire entrepris recense actuellement 30 bâtiments sur solins sur 13 sites distincts. Ce corpus permet déjà d'esquisser certaines tendances qu'il faudra connrmer. Leur inégale répartition géographique ne reeète pas celle des interventions archéologiques 1. Le Sud Touraine et la proche campagne de Bourges concentrent plus des 3/4 des occurrences dont 21 sur 4 sites. Elles restent exceptionnelles ailleurs, notamment dans une large moitié nord. Un déécit d'interventions portant sur certains territoires ou périodes peut expliquer des vides apparents. La facilité d'accès aux ressources en pierre (récupération ou extraction si l'environnement géologique le permet) est aussi à prendre en compte. La question principale reste probablement celle de problèmes de conservation ou de pratiques architecturales locales. La conservation des solins, souvent médiocre, apparait toujours multifactorielle. L'excavation des bâtiments, même légère, ou le piégeage par tassement dans une fosse antérieure sous-jacente, joue un rôle protecteur évident. Dans la moitié des cas, le dépôt de colluvions, voire plus rarement l'installation de pierriers postérieurs, favorise leur conservation. L'usage postérieur des terrains, en particulier des pratiques agricoles peu invasives (pâture etc.) est aussi déterminant 2. De manière générale, les lots mobiliers des niveaux contemporains (construction ou occupation) restent peu conséquents. La stratigraphie, quelques analyses radiocarbones et le contexte environnant permettent parfois d'aaner les chronologies. Ainsi, la moyenne des intervalles de datation atteint près d'un siècle et demi environ. A l'échelle régionale, ces intervalles se répartisent de manière homogène sur toute la période considérée, sans aucune anomalie visible 3. Par contre, localement, des particularismes micro-régionaux semblent émerger, possibles épiphénomènes d'un corpus restreint. Les trois groupes chronologiques repérés (avant, autour et après 800) ont des distributions spatiales distinctes 4 : _ en périphérie de Bourges, les constructions sont toutes antérieures au milieu du IX e s. ; _ en Touraine du sud, elles sont attestées pendant toute la période mais elles ne deviennent fréquentes qu'à partir du VIII e s., voire après ; _ dans une large moitié nord de la région, les rares exemplaires découverts apparaissent à partir de la seconde moitié du VIII e s., voire plutôt le IX e s. Les raisons de ces singularités locales restent à préciser. Pour les plus anciennes constructions, la pérennité de mode architectural more romano est envisageable, d'autant plus que les exemples de la proche campagne de Bourges succèdent souvent plus ou moins directement à une villa antique. Les questions sociales et fonctionnelles sont les plus délicates à aborder, faute d'indice évident. A l'échelle de chaque site, seul l'assemblage des diiérents mobiliers et l'insertion de la construction dans son proche environnement apportent quelques éléments de discussion. Cette problématique devra donc être approfondie par une analyse plus poussée des assemblages mobiliers et des niveaux de sols, à l'échelle des structures, du site et par une comparaison régionale. En l'état, aucune diiérence ou évolution notable des modes de construction ou des formes architecturales n'est perceptible entre les groupes micro-régionaux et chronologiques. Une plate forme excavée préalable (30 cm de moyenne) est attestée dans la moitié des cas, les solins étant disposés contre les bords internes. Pour une dizaine d'autres cas, seul l'espace interne est légèrement excavé, suggérant éventuellement un modeste décaissement préalable. Les derniers, les plus mal conservés, sont souvent posés dans de légères tranchées de fondation, voire à même le sol. Seules deux terrasses préparatoires par remblaiement sont supposées. Un tiers des exemples se limite à une ou deux portions de solin et oore des plans trop lacunaires. Les autres sont à peu près restituables ou complets. Les formes sont très majoritairement rectangulaires (rapport L./l. compris entre 1,1 et 2,8) ou légèrement trapézoïdales. Quatre constructions à abside (au moins sur un côté) sont attestées 5. Les autres disposent de pignons plats. Les constructions les mieux conservées ont des dimensions très variables (L. : entre 4,1 et 24,5 m, 11,2 m de moyenne, l. : entre 3,2 et 10,2 m, 6,5 m de moyenne et surface interne : entre 10 et 200 m 2 , 68 m 2 de moyenne). Les ouvertures sont rarement identiiées. Les modes de construction des solins (dimensions, matériaux, liants, appareils etc.) varient mais des constantes se dessinent sur certains sites ou territoires. Des eeondrements permettent de restituer des solins s'élevant jusqu'à 60-80 cm. La partie haute des élévations nous échappe assez largement. A l'exception d'un unique cas, tardif, avec de très rares tuiles, l'emploi de végétaux pour la couverture est supposé. Ces constructions bénéécient d'aménagements internes : quelques foyers sont préservés et des murs de refend ou des alignements de trous de poteau matérialisent des partitions. La stratigraphie interne conservée se limite souvent à des radiers de sol 6 et plus rarement à des niveaux d'occupation ou des eeondrements ou remblais postérieurs. 0 25 50 km
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https://halshs.archives-ouvertes.fr/halshs-01890433
Contributor : Stéphane Joly <>
Submitted on : Monday, October 8, 2018 - 3:59:16 PM
Last modification on : Friday, February 7, 2020 - 1:36:01 PM
Document(s) archivé(s) le : Wednesday, January 9, 2019 - 3:19:29 PM

File

Afam18_posterA0_solins_V2.pdf
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  • HAL Id : halshs-01890433, version 1

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Stéphane Joly, Emmanuel Marot, François Capron, Gwenaël Roy. Construire sur solins dans les campagnes de la région Centre – Val de Loire au premier Moyen Âge. De bois, de pierre et de terre, archéologie de la construction au haut Moyen Âge, 39ème journées internationales d’archéologie mérovingienne de l’AFAM,, Oct 2018, Auxerre, France. ⟨halshs-01890433⟩

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