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Conference papers

Emploi pragmatique de "après" versus "maintenant" : quelques motifs de l’alternance

Résumé : La présente communication s'inscrit dans la continuité de l'étude de Le Draoulec (à paraître), où était mis en évidence un emploi méconnu d'après : un emploi pragmatique très proche de celui, bien étudié (cf. biblio), de maintenant, où l'adverbe perd sa dimension temporelle pour introduire – lorsqu'il est détaché à l'initiale de phrase – une distanciation, une rupture énonciative par rapport à l'énoncé qui précède : (1) J'avais bien compris et c'est contre ça que je te mettais en garde. Maintenant, tu n'es pas obligé de me croire. (http://fr.audiofanzine.com) (2) Essaie de ne plus recommencer car tu pourras être mal vu par les administrateurs, c'est juste un conseil, après, tu fais ce que tu veux. (http://fr.inazuma-eleven.wikia.com) Dans cette première étude, il apparaissait que le fonctionnement d'après comme marqueur de rupture est très courant à l'oral : en témoignent les nombreux exemples collectés dans les conversations, ou sur le web (plus particulièrement sur des blogs, des forums, où l'écrit se confond à peu près avec l'oral). Après pragmatique en effet, plus récent et donc moins ancré, moins stabilisé que maintenant pragmatique, nécessite d'être étayé dans sa fonction de marqueur de rupture. Or pour ce faire, les moyens utilisés relèvent essentiellement de l'oral, avec en particulier : • des contours intonatifs spécifiques (dans le cas d'un oral véritable) ; • l'insertion d'un ou plusieurs autres marqueurs discursifs accolés à après (tels que mais, bon, enfin…) • la présence de formules assez stéréotypées, se caractérisant par des constructions clivées, et mettant en scène la prise de distance subjective du locuteur : des formules telles que tu fais ce que tu veux (cf. (2)), ce n'est que mon avis, etc. Nous nous proposons ici d'explorer, au-delà des différences d'emploi liées à la dichotomie écrit versus oral (ou écrit oralisant), d'autres différences qui permettront de caractériser plus finement les propriétés de chacun des deux marqueurs. Nous examinons dans un premier temps des cas où l'emploi pragmatique n'est pas entièrement dissocié de la valeur temporelle initiale. C'est le cas par exemple en (3), pour maintenant, ou en (4), pour après : (3) Si vous descendez pas tout de suite aux barrages, je vous fous de force dans la barque […]. Maintenant, si vous préférez, vous pouvez déguerpir (M. Duras, Un barrage contre le pacifique. Cité par Mellet, 2008, p.87) (4) Ils sont 20 % à se dire prêts à acheter une voiture hybride en prochain achat. Après, ils ne sont que 4% à passer à l'acte. (France Info, 12 juin 2016) En (3) aussi bien qu'en (4), le type de rupture discursive mentionné plus haut est clairement marqué ; une valeur temporelle subsiste toutefois, qu'on se contentera de faire sentir par un déplacement de l'adverbe (déguerpir maintenant, passer à l'acte après). Dans ce type de cas, les emplois de maintenant et après se laissent moins différencier par des aspects proprement pragmatiques que par les valeurs temporelles respectives des deux adverbes.
Document type :
Conference papers
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https://halshs.archives-ouvertes.fr/halshs-01727089
Contributor : Anne Le Draoulec <>
Submitted on : Tuesday, September 25, 2018 - 5:05:30 PM
Last modification on : Wednesday, October 14, 2020 - 3:44:17 AM

Identifiers

  • HAL Id : halshs-01727089, version 1

Citation

Anne Le Draoulec, Josette Rebeyrolle. Emploi pragmatique de "après" versus "maintenant" : quelques motifs de l’alternance. Linguistic and Psycholinguistic Approaches to Text Structuring (LPTS), Jan 2018, Paris, France. ⟨halshs-01727089⟩

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