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2018 : année crash test de la coopération internationale sur le climat ?

Résumé : Les COP sur le climat se tiennent chaque hiver depuis 1995. Certaines ont été plus marquantes que d'autres, telles la COP 3 au cours de laquelle a été adopté le Protocole de Kyoto, la COP 15 qui a refusé de faire sien l'Accord de Copenhague ou la COP 21 qui a adopté l'Accord de Paris. La COP 22, à Marrakech en 2016, et la COP 23, à Bonn en 2017, n'ont été que des conférences d'étape vers la COP 24 qui sera, elle, une COP avec de véritables enjeux. Elle aura lieu à Katowice en Pologne en décembre 2018, et viendra clore une année « crash test » pour la coopération internationale sur le climat, avec d'importantes et délicates échéances à surmonter. Adopter le rule book de l'Accord de Paris L'Accord de Paris est un traité relativement concis et général. Il nécessite pour être mis en oeuvre concrètement, pour être opérationnalisé, l'adoption de nombreuses décisions de la COP. Il s'agit par exemple d'harmoniser le contenu et le calendrier des contributions nationales, d'organiser le bilan mondial quinquennal des efforts collectifs, de définir précisément le fonctionnement du mécanisme de transparence et de contrôle, etc. Ces points semblent techniques et ils le sont. Mais il y a là un enjeu majeur, car de ces décisions dépendra en large partie la robustesse de l'Accord. Leur négociation est au menu des négociateurs depuis la COP 21. Les avancées des COPs 22 et 23 ont été limitées et ont surtout porté sur des points techniques. L'année prochaine sera ponctuée par différents rendezvous destinés à permettre d'avancer. Mais les points les plus crispés et les plus sensibles ne se débloqueront probablement –tout au moins peut-on l'espérer– que dans les dernières heures de la dernière nuit de la COP 24 qui se réunira alors en tant que première réunion des Parties à l'Accord de Paris. C'est en effet dans la pression de ces dernières heures que toutes les COP ont dénoué l'écheveau des questions conflictuelles. Il s'agit véritablement d'un écheveau et non d'éléments qu'on pourrait distinguer les uns des autres pour les traiter les uns après les autres. Car l'accord final constitue toujours un « paquet » (package deal) équilibré et acceptable en tant que tel par les différents négociateurs. Un objectif trop ambitieux ? L'Accord de Paris est porteur d'une incohérence majeure. Il pose un objectif relativement ambitieux : celui de contenir « l'élévation de la température moyenne de la planète nettement en dessous de 2 °C par rapport aux niveaux préindustriels et en poursuivant l'action menée pour limiter l'élévation des températures à 1,5 °C ». Mais il n'a jamais donné lieu à une négociation internationale – bien trop conflictuelle – sur un quelconque partage de l'effort. Ce sont les États qui en le ratifiant indiquent quelle sera leur contribution nationale, celle-ci étant nationalement déterminée sans aucun droit de regard extérieur sur son niveau d'ambition ou son caractère équitable. C'est ainsi que toutes agrégées les contributions des 171 États qui ont ratifié l'Accord ne nous conduisent pas sur la trajectoire définie par l'Accord mais plutôt autour de 3°C. C'est mieux que les 4 ou 5°C vers lesquels nous amenaient les scénarios business as usual, mais c'est encore loin du « nettement en dessous de 2 °C » et bien plus encore de l'objectif 1,5°. Ce dernier était jusqu'ici plus aspirationnel que réel. Or, de nombreuses publications sont venues ces dernières années remettre en cause les 2°C comme un objectif sécurisant. Pour essayer d'y voir clair, et sous la pression notamment des petits États insulaires inquiets pour leur survie, la COP 21 a demandé au GIEC de produire un rapport sur les conséquences d'un réchauffement supérieur à 1,5°. Ce rapport, en cours de
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https://halshs.archives-ouvertes.fr/halshs-01675539
Contributor : Sandrine Maljean-Dubois <>
Submitted on : Monday, April 30, 2018 - 8:53:27 AM
Last modification on : Thursday, March 5, 2020 - 7:19:07 PM

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  • HAL Id : halshs-01675539, version 1

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Sandrine Maljean-Dubois. 2018 : année crash test de la coopération internationale sur le climat ?. The Conversation, The Conversation France, 2018. ⟨halshs-01675539⟩

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