Inscriptions encadrées/encadrantes. De l’usage du cadre dans les inscriptions

Résumé : Si les textes épigraphiques ont des mises en page très variées suivant le support qui les reçoit, les inscriptions jouent souvent un rôle de « cadre ». Que ce soit pour entourer une image, comme l’effigie du défunt au milieu des plates-tombes, quand l’épitaphe est gravée sur tout le pourtour de la dalle, ou bien pour souligner une forme architecturale, comme celle d’un chapiteau ou d’une voûte absidale. Par leur disposition, ces textes tracent des frontières et participent à la clôture de leur support. Les inscriptions peuvent elles-mêmes être encadrées, ce qui permet de les isoler visuellement d’un fond ou des les intégrer pleinement à une image, comme sur les banderoles ou les phylactères. Le parcours proposé, menant de la liminalité à la deixis en passant par la trajectoire, tente de répondre à la question centrale de ce colloque : « dans quelle mesure la mise en forme matérielle et intellectuelle des textes latins conditionne et construise leur réception » ? Les trois pistes explorées montrent la force tant centrifuge que centripète du dispositif encadrant. Le cadre ainsi envisagé, avant de renvoyer à une image, un texte central ou encore au support, met d’abord en relief l’écriture qui se prête au jeu. L’iconicité et l’indicialité du dispositif s’appliquent en premier lieu à l’écriture, ce qui confère un nouveau sens à la liminalité. Être en périphérie n’est pas être marginalisé (par rapport à une image au centre), mais au contraire s’imprégner plus profondément du support dans sa forme et toutes ses dimensions. L’écrit sur les bords se fait interface, espace de rencontre. Le dispositif encadrant et circulaire existe certes depuis l’Antiquité, à travers les monnaies, le Moyen Age central l’a toutefois particulièrement exploité. Au cadre, il apporte le mouvement et renforce son caractère de « lieu d’interaction réciproque ». Si l’écriture épigraphique peut prendre place dans la structure même de l’encadrement, c’est bien qu’elle en partage les qualités dans la pensée médiévale. Elle est géométrie, architecture, construction visuelle et spatiale. Elle est ceinture et non clôture, car elle peut ceindre le monde par les mots et amplifie alors la délimitation de l’espace que proposait l’artefact qu’est le support. Elle est représentation et ostentation avec ses lettres capitales qui forment son identité graphique et sa destination au public le plus large. Elle est enfin ornement et le cadre n’est qu’un des moyens d’exploiter son caractère plastique.
Type de document :
Communication dans un congrès
Christiane Deloince-Louette; Valérie Méot-Bourquin; Martine Furno. Actes de colloque, Jun 2015, Valence, France. Droz, Apta compositio. Formes du texte latin au Moyen Âge et à la Renaissance, pp.69-90, 2017, Cahiers d'Humanisme et Renaissance. 〈https://www.droz.org/france/fr/6532-9782600057875.html〉
Liste complète des métadonnées

https://halshs.archives-ouvertes.fr/halshs-01663705
Contributeur : Vanessa Ernst-Maillet <>
Soumis le : jeudi 14 décembre 2017 - 11:35:14
Dernière modification le : mercredi 5 septembre 2018 - 13:30:07

Identifiants

  • HAL Id : halshs-01663705, version 1

Collections

Citation

Estelle Ingrand-Varenne. Inscriptions encadrées/encadrantes. De l’usage du cadre dans les inscriptions. Christiane Deloince-Louette; Valérie Méot-Bourquin; Martine Furno. Actes de colloque, Jun 2015, Valence, France. Droz, Apta compositio. Formes du texte latin au Moyen Âge et à la Renaissance, pp.69-90, 2017, Cahiers d'Humanisme et Renaissance. 〈https://www.droz.org/france/fr/6532-9782600057875.html〉. 〈halshs-01663705〉

Partager

Métriques

Consultations de la notice

38