Protection, préservation, conservation : acteurs, concepts et débats dans les mouvements de patrimonialisation du paysage en Europe et aux États-Unis, du XIXe au XXe siècle

Résumé : Sans traiter systématiquement de l’histoire de la patrimonialisation du paysage en Europe et aux États-Unis – sur laquelle on dispose de nombreuses études –, cet essai de synthèse se propose de mettre en lumière les principaux concepts, débats et acteurs qui ont accompagné les premiers mouvements de patrimonialisation du paysage au tournant des XIXe et XXe siècles. En Europe, ces mouvements, notamment portés par des associations, apparaissent liés aux courants intellectuels de réaction culturelle à la modernité capitaliste et industrielle, à la diffusion de sensibilités « environnementalistes » dans les élites, aux phénomènes de construction des identités nationales et à l’essor du tourisme et des pratiques sportives. Ce sont essentiellement cinq concepts qui ont été mobilisés : paysage, site, monument naturel, site pittoresque et beauté naturelle. La relative unité des enjeux à l’échelle du continent ne doit pas masquer l’hétérogénéité des réponses institutionnelles en fonction des pays, par exemple en Allemagne, en Italie et en Grande-Bretagne. La dimension patriotique s’estompe dans les années 1920 et les mesures de protection passent notamment par l’instauration de parcs nationaux, sur le modèle américain. Aux États-Unis, la création de la réserve californienne de Yosemite (1864) puis du premier parc national, celui de Yellowstone (1872), s’était accompagnée d’un discours démocratique sur l’accès des masses aux effets bénéfiques de la contemplation d’un paysage (Frederic Law Olmsted) ; dans les années 1890, la notion de « nature sauvage » ('wilderness') est au centre de la théorie de la préservation revendiquée par John Muir, qui s’oppose à celle de la conservation défendue par Gifford Pinchot. La sauvegarde des sites historiques est rendue possible par l’adoption en 1906 de l’Antiquities Act à l’initiative de Theodore Roosevelt, qui permet au président de déclarer certains lieux « monuments nationaux ». Si les notions de préservation et de conservation continuent à orienter les politiques de protection de la nature dans la seconde moitié du XXe siècle, celle de 'wilderness' fait l’objet d’une relecture critique, qui pointe notamment son rôle dans la reconduction du dualisme moderne entre nature et culture.
Type de document :
Communication dans un congrès
Patrimoine en paradoxes, journée d’étude organisée par le Master 2 « Jardins historiques, Patrimoine, Paysage » de l’Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne et l’École nationale supérieure d’architecture de Versailles et le Master 2 « Théories et démarches du projet de paysage » de l’École nationale supérieure de paysage de Versailles-Marseille, sous la direction de Stéphanie DE COURTOIS, Dec 2017, Versailles, France. 2017
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Contributeur : Hervé Brunon <>
Soumis le : mercredi 13 décembre 2017 - 15:58:26
Dernière modification le : jeudi 19 avril 2018 - 14:58:02

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Hervé Brunon. Protection, préservation, conservation : acteurs, concepts et débats dans les mouvements de patrimonialisation du paysage en Europe et aux États-Unis, du XIXe au XXe siècle. Patrimoine en paradoxes, journée d’étude organisée par le Master 2 « Jardins historiques, Patrimoine, Paysage » de l’Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne et l’École nationale supérieure d’architecture de Versailles et le Master 2 « Théories et démarches du projet de paysage » de l’École nationale supérieure de paysage de Versailles-Marseille, sous la direction de Stéphanie DE COURTOIS, Dec 2017, Versailles, France. 2017. 〈halshs-01662979〉

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