Paris, ville de cour (XIIIe-XVIIIe siècle)

Résumé : Les historiens s'intéressant rarement au cadre urbain des séjours de la cour, ce livre vise à réconcilier l'histoire de la cour avec l'histoire urbaine en général, et avec Paris en particulier. Il s'agit alors moins de saisir la ville dans sa dimension de capitale, que dans sa fonction de « ville de résidence », pour isoler le facteur curial de l'équation urbaine. Parce qu'il y a une vraie difficulté à penser le rapport entre Paris et la cour – au Moyen Âge parce qu'elle est itinérante, à l'époque Moderne à cause de Versailles – le livre explore les liens entre la ville et la cour sur le temps long, du XIIe au XVIIIe siècle, par petites touches, en six parties rassemblant deux ou trois contributions d'historiens, d'historiens de l'art et de littéraires, dans un esprit comparatiste (Médiévale/Moderne, Paris/Londres-Madrid-Lisbonne-Empire). Il s'agit d'un véritable livre collectif qui explore le problème de la présence physique du roi et de ses gens dans la ville, mais aussi celui des effets socio-économiques et politiques de la consommation curiale, des représentations que les citadins et curiaux se font les uns des autres, et enfin celle de l'investissement symbolique des gens de cour dans Paris. Boris Bove, Murielle Gaude-Ferragu et Cédric Michon, « Introduction » « Mais où est la cour » ? Voilà une question inquiète qu'ont dû se poser plus d'un courtisan en quête d'avancement et plus d'un plénipotentiaire à la recherche du prince destinataire de son ambassade 1. C'est en revanche une question que se posent rarement les historiens, qui s'intéressent plutôt au fonctionnement de cette microsociété qu'à sa localisation, peut-être parce qu'elle est restée longtemps itinérante et que ses membres se recrutent à travers tout le royaume. En termes plus abstraits, on pourrait dire que la difficulté à penser les rapports entre ville et cour tient au fait que la cour est un objet social défini comme l'ensemble des rapports sociaux polarisés par le souverain, tandis que la ville est un objet géographique défini par sa densité et sa diversité. L'étymologie du terme « cour » invite pourtant à s'intéresser à sa localisation car, avant de désigner une société, le mot désigne un lieu. Le mot dérive du latin curtis, la cour de ferme du centre domanial. Cette étymologie explique qu'on écrive court avec un t en ancien français et courtois ou courtisan en français contemporain. Elle invite à situer la cour dans un environnement rural, comme c'est probable au XI e siècle, au moment où le vocable apparaît en français. Toutefois le mot perd son t à la fin du Moyen Âge par une fausse étymologie qui le fait dériver du latin curia, le lieu de réunion des assemblées romaines 2. Cette correction de l'étymologie du mot cour reflète l'élargissement de l'horizon de la cour des campagnes à la ville et, s'agissant du roi de France, des châteaux franciliens à Paris qui s'impose progressivement comme capitale du royaume. Ce livre vise à remédier à ce relatif 1 Ainsi les envoyés aragonais venus négocier avec Philippe le Bel pour le Val d'Aran 1313 (LALOU E., Itinéraire de Philippe le Bel (1285-1314), Paris, De Boccard, 2007, p. 81). 2 BAUMGARTNER E. et MINARD P., Dictionnaire étymologique de la langue française, Paris, Le Livre de poche, 1996, p. 207-208.
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Contributor : Boris Bove <>
Submitted on : Wednesday, December 13, 2017 - 11:20:07 AM
Last modification on : Friday, May 10, 2019 - 1:16:02 PM

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  • HAL Id : halshs-01651285, version 1

Citation

Murielle Gaude-Ferragu, Cédric Michon, Boris Bove. Paris, ville de cour (XIIIe-XVIIIe siècle). France. PUR, 2017. ⟨halshs-01651285⟩

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