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La déportation : vies et destins brisés

Résumé : La mémoire des déportations en Europe se déploie entre ces deux figures extrêmes que sont Auschwitz d'une part et le Goulag de l'autre. Si, à l'Ouest, l'éradication de la population juive lors de la Seconde Guerre mondiale a dominé la mémoire de la déportation, à l'Est, ce sont les vingt millions de personnes déportées par le stalinisme qui ont laissé des traces indélébiles. Et entre les deux, une grande variété de parcours de déportés qui peine à exister dans les mémoires. Catherine Gousseff Née à Paris (France) en 1961. Directrice de recherche au Centre national de la recherche scientifique (CNRS) et directrice du Centre Marc-Bloch à Berlin. Ses recherches portent sur l'histoire des migrations dans l'espace soviétique et est-européen au cours du XX e siècle. Déportation, ce mot très ancien usité par les Romains pour désigner le bannissement d'individus par voie de mer à partir d'un port, résonne dans les mémoires comme une figure emblématique de la modernité totalitaire du XX e siècle européen. Dans ce siècle si marqué par les déplacements forcés et massifs de populations, la tentation est forte, et fréquente, d'assimiler l'histoire des départs contraints à des déportations de sorte qu'il n'est pas inutile d'emblée de revenir sur la spécificité de cette pratique étatique répressive. Ce qui distingue en effet la déportation d'autres formes de migrations forcées c'est qu'elle suppose non seulement l'organisation de départs sous la contrainte mais également l'existence d'une destination planifiée où, a minima, les personnes déplacées sont assignées à résidence sur le lieu de leur placement, en général sans pouvoir fuir dans les conditions d'internement et/ou d'éloignement dans lesquelles elles se trouvent affectées. De multiples victimes des déplacements forcés, comme les minorités germaniques de très longue date implantées en Europe centrale et orientale, expulsées de leur foyer au sortir du dernier conflit mondial pour revenir dans leur « patrie » ancestrale, et auxquelles l'historiographie post-guerre froide a accordés une attention nouvelle, ne sauraient ainsi entrer dans le cadre d'analyse des déportations. Des expériences multiples D'Ouest en Est du vieux continent, l'évocation de la pratique de déportation réveille instantanément des visions tragiques de l'histoire contemporaine qui ne sont cependant pas les mêmes à l'Occident et à l'Orient de l'Europe. En France, en Italie, aux Pays-Bas, pour ne citer que quelques pays, la déportation est très étroitement connectée dans les consciences aux grandes rafles des Juifs, à leur transport en masse vers les camps d'extermination et en premier lieu Auschwitz. Si parmi eux, comme en France, la mémoire s'est partagée entre résistance et Shoah, dans le temps plus long la déportation des Juifs la domine. De multiples plaques du souvenir
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https://halshs.archives-ouvertes.fr/halshs-01646354
Contributor : Catherine Gousseff-Klein <>
Submitted on : Tuesday, July 7, 2020 - 4:25:53 PM
Last modification on : Thursday, July 9, 2020 - 3:38:07 PM
Long-term archiving on: : Wednesday, September 23, 2020 - 8:10:34 PM

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12_Déportation DEF.pdf
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Identifiers

  • HAL Id : halshs-01646354, version 1

Collections

CNRS | CMB

Citation

Catherine Gousseff. La déportation : vies et destins brisés. Etienne François, Thomas Serrier. Europa Notre histoire, Les Arènes, pp.113-120, 2017. ⟨halshs-01646354⟩

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