« Textes flottants » : l’exemple d’Abū Šāma. Une écriture de l’histoire dans le Proche-Orient aux VIIe–IXe/XIIIe–XVe siècles

Résumé : Dans les éditions de l'oeuvre historique d'Abū Šāma, que nous avons décrite au coeur d'une famille de textes 1 , on peut voir que la situation des éditeurs de textes est aléatoire : l'un n'utilise que certaines versions manuscrites de l'ouvrage, l'autre n'a pas accès à toutes les copies d'un même texte ou bien préfère choisir parmi elles, un troisième ne peut mener le travail à son terme et n'édite d'une partie de l'oeuvre. En ce qui concerne les manuscrits, la situation est tout aussi complexe. En effet, si un texte autographe est parvenu jusqu'à nous, c'est celui-ci qui fait autorité. À défaut d'avoir découvert l'autographe, on a affaire à plusieurs cas de figure : toutes les versions manuscrites n'ont pas été conservées, elles ne sont pas accessibles, temporairement égarées, non cataloguées ; parfois, des pans entiers de l'ouvrage ont disparu, ou encore il peut s'agir de copies médiocres, non garanties par des transmetteurs dignes de foi. Ici, on a un auteur, Abū Šāma, qui a rédigé lui-même plusieurs versions de ses textes, versions différentes auxquelles des savants ont eu accès. Parallèlement, et cela nous intéresse tout particulièrement, des brouillons ou des copies inachevées ont circulé et ont été transmis. C'est un examen attentif des manuscrits et des éditions qui nous a alors amené à définir ce que nous appelons « textes flottants ». L'expression s'applique notamment au Rawḍatayn dont l'autographe ne nous est pas parvenu. Après avoir reconstitué la copie manuscrite princeps mise par écrit dix années après la mort de l'auteur, nous avons pu confirmer le fait qu'elle a servi de mouture à plusieurs copies que les éditeurs ont utilisées. Cette copie princeps a une singularité : elle reproduit si fidèlement l'exemplaire de la main de l'auteur qu'on y retrouve non seulement le texte – à l'exception de quelques folios disparus avec le temps – mais aussi des certificats d'audition qui se sont avérés antérieurs à la mise par écrit du texte, ce qui surprend de prime abord. Ces certificats à la fois l'authentifient et renseignent sur la méthode rigoureuse que l'auteur avait mise en pratique 1 « Le temps d'une vie. Une « famille de textes » autour d' Abū Šāma entre VII e /XIII e et IX e /XV e siècles », à paraitre.
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Islam, De Gruyter, 2017, 94 (2), 〈10.1515/islam-2017-0027〉
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Contributeur : Muriel Roiland <>
Soumis le : jeudi 11 janvier 2018 - 11:35:47
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Muriel Roiland, Jacqueline Sublet. « Textes flottants » : l’exemple d’Abū Šāma. Une écriture de l’histoire dans le Proche-Orient aux VIIe–IXe/XIIIe–XVe siècles. Islam, De Gruyter, 2017, 94 (2), 〈10.1515/islam-2017-0027〉. 〈halshs-01637643〉

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