La guerre des mots

Résumé : Voilà plus d'un an que le président Hollande cherche ses mots. En janvier 2015, après les multiples attentats qui frappèrent la capitale et sa banlieue, François Hollande se refusait à parler de guerre contre le terrorisme. Si Manuel Valls se cachait à peine derrière une pirouette rhétorique 1 , le président de la République tenait encore sa langue. Au soir du 13 novembre, alors que l'assaut des forces de sécurité n'était pas encore achevé, le président prenait la parole avec précaution pour inviter les français à la prudence et à l'unité. Le ton changea radicalement le lendemain, samedi 14 novembre. « Ce qui s'est produit hier à Paris et à Saint-Denis, près du stade de France, c'est un acte de guerre, et face à la guerre, le pays doit prendre les décisions appropriées. C'est un acte de guerre commis par une armée terroriste, Daech, une armée djihadiste, contre la France, contre les valeurs que nous défendons partout dans le monde, contre ce que nous sommes, un pays libre, qui parle à l'ensemble de la planète. C'est un acte de guerre qui a été préparé, organisé, planifié de l'extérieur et avec des complicités intérieures que l'enquête permettra d'établir. C'est un acte de barbarie absolue. […] La France, parce qu'elle a été agressée lâchement, honteusement, violemment, la France sera impitoyable à l'égard des barbares de Daech » 2. Il s'agit d'affirmer dès les premiers mots que la France a subi « un acte de guerre ». La France vient d'essuyer une déclaration de guerre et entre de facto dans un conflit armé. Du constat de l'attaque à l'entrée en guerre, il n'y a qu'un pas, que François Hollande franchit devant les parlementaires et les sénateurs réunis en Congrès à Versailles le 16 novembre : « Monsieur le Président du Congrès, Monsieur le Président du sénat, Monsieur le Premier ministre, Mesdames et Messieurs les membres du gouvernement, Mesdames et Messieurs les parlementaires, La France est en guerre, les actes commis vendredi soir à Paris et près du stade de France sont des actes de guerre » 3. Les ministres, les parlementaires, les médias, l'ensemble des figures médiatiques du pays reprennent le mot : la guerre est sur toutes les lèvres. Pourtant, le 15 juillet, à Nice, les actes de guerre redeviennent une « attaque terroriste », la « guerre », un « combat ». « Cette attaque terroriste, une de plus après plusieurs autres ces cinq dernières années. Nous sommes devant un combat qui va être long parce que nous avons un ennemi qui 1 « Sommes-nous en guerre ? La question a en réalité peu d'importance car les terroristes djihadistes, en nous frappant trois jours consécutifs, y ont apporté une nouvelle fois la plus cruelle des réponses. Il faut dire les choses clairement : oui, la France est en guerre contre le terrorisme, le djihadisme, et l'islamisme radical », Hommage national prononcé par Manuel Valls à l'Assemblée le 13 janvier 2015. Voir : https://www.youtube.com/watch?v=mcX1iQ9TLPI. L'ensemble des vidéos et articles en ligne que nous citons ont été consultés le 15.09.2016. 2
Mots-clés : Lexique Philosophie Guerre
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Contributeur : Odile Tourneux <>
Soumis le : jeudi 7 septembre 2017 - 14:49:45
Dernière modification le : dimanche 15 octobre 2017 - 22:44:13

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Odile Tourneux. La guerre des mots. Contretemps, 2016, 〈http://www.contretemps.eu/tourneux-guerre-mots/〉. 〈halshs-01582481〉

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