LA MISE EN COHÉRENCE DES POLITIQUES PUBLIQUES EN TERRITOIRE TRANSFRONTALIER

Résumé : Les praticiens de la coopération ont naturellement tendance à considérer la frontière comme un obstacle à dépasser pour mettre en œuvre leurs projets. Ce dépassement de la frontière est non seulement une condition de réussite mais souvent l’objectif primordial des projets en question. Bien sûr, cet objectif est rarement affiché en tant que tel. Mais derrière les contenus explicites des projets, formulés en termes techniques et fonctionnels, il y a toujours la préoccupation implicite de réduire la fracture frontalière. Quand cette volonté silencieuse mais essentielle vient à manquer, le projet est considéré comme un échec pour « défaut de valeur ajoutée transfrontalière »1, quels que soient ses succès apparents. En effet, ce que cherchent fondamentalement les acteurs de la coopération, c’est à contribuer à la construction d’un territoire transfrontalier intégré ; dans cette perspective, le projet n’est jamais une fin en soi, mais l’instrument d’une ambition territoriale. Dans les régions transfrontalières, comme dans les agglomérations, c’est donc le projet qui crée le territoire et non le territoire qui crée le projet2. Du point de vue des États (nationaux, fédérés ou assimilés) qui mettent en œuvre des politiques publiques, la vision est rigoureusement inverse. La frontière est la limite naturelle de leur action. C’est elle qui borne les règles qu’ils édictent, les dispositifs dont ils ont la maîtrise, les principes de légitimité dont ils procèdent ou dont ils sont la source. La frontière est inhérente à la conscience ontologique, et non seulement existentielle, qu’ils ont d’eux-mêmes. Elle les renvoie à leur finitude fondamentale, alors qu’ils ont une propension naturelle à se croire infinis. Pour analyser les conditions et les enjeux de cette prise de conscience d’un État confronté à la réalité de ses limites, il s'agit ici de prendre comme guide Michel Foucault, quand il développe dans le chapitre IX de son livre Les mots et les choses, son « analytique de la finitude ».
Type de document :
Chapitre d'ouvrage
Birte Wassenberg. VIVRE ET PENSER LA COOPÉRATION TRANSFRONTALIÈRE (VOL. 1: Les régions frontalières françaises), Franz Steiner Verlag, pp.P. 307-321, 2010
Liste complète des métadonnées

https://halshs.archives-ouvertes.fr/halshs-01572146
Contributeur : Michel Casteigts <>
Soumis le : vendredi 4 août 2017 - 17:56:55
Dernière modification le : lundi 3 décembre 2018 - 20:10:20

Fichier

MCasteigts2010_Mise-en-coheren...
Fichiers produits par l'(les) auteur(s)

Identifiants

  • HAL Id : halshs-01572146, version 1

Collections

Citation

Michel Casteigts. LA MISE EN COHÉRENCE DES POLITIQUES PUBLIQUES EN TERRITOIRE TRANSFRONTALIER. Birte Wassenberg. VIVRE ET PENSER LA COOPÉRATION TRANSFRONTALIÈRE (VOL. 1: Les régions frontalières françaises), Franz Steiner Verlag, pp.P. 307-321, 2010. 〈halshs-01572146〉

Partager

Métriques

Consultations de la notice

162

Téléchargements de fichiers

152