La vidéo géoréférencée, de nouvelles perspectives pour l’analyse et les représentations du déplacement

Résumé : L’analyse et la visualisation de la mobilité quotidienne s’appuie principalement sur les enquêtes standard de mobilité (EMD, ENTD etc.). Pour chaque personne, ces enquêtes permettent de collecter les déplacements et les lieux d’activités adossées à leurs durées. Le triptyque localisation, durée et trajectoire permet de représenter les mouvements quotidiens des populations à l’échelle des espaces métropolitains (Kwan, 2000). L’ambition de cette contribution est de proposer de nouvelles modalités de visualisation des déplacements quotidiens à l’échelle individuelle à partir des technologies de géolocalisation couplée à celle de la vidéo embarquée. Elle propose de questionner les parcours quotidiens à l’aune d’une thématique originale, les barrières aux déplacement dans le cas des déplacements d’automobilistes. Matérielles (Héran, 2011) et/ou immatérielles (Cauvin, 1999), les barrières tendent à perturber les déplacements quotidiens des individus. Pour les identifier et les visualiser, la démarche s’appuie d’une part sur l’utilisation de la vidéo-géo-référencée comme support de collecte et d’autre part sur la visualisation comme appui à la réactivation du discours. En 1965, dans une vidéo intitulé « View on the road » Kevin Lynch est le premier à installer un dispositif vidéo à l’intérieur d’une voiture. La démarche s’inscrit dans la suite de cette première expérimentation. Elle utilise un dispositif d’enregistrement vidéo géo-référérencé. Le dispositif est placé dans l’habitacle du véhicule face à la route. Ce positionnement perme de collecter l’ensemble des événements rencontrés par l’automobiliste au cours du déplacement. La vidéo ainsi collectée est ensuite extraite pour l’analyse. Les modalités de détection des barrières utilisent une grille préétablie et s’appuie sur une analyse approfondie de la vidéo. Ce premier niveau de d’identification des barrières est complété par l’analyse des vitesses de déplacement pour détecter les périodes de ralentissement. Chaque barrière ainsi collecté est répertoriée pour la phase de visualisation. Un premier prototype d’interface de visualisation qui s’appuie sur l’itinéraire emprunté quotidiennement par un frontalier illustre notre approche. A un premier niveau d’analyse, cet outil nous renseigne sur les caractéristiques des barrières rencontrées par l’individu et sur les stratégies d’adaptation à ces obstacles. A un second niveau, la visualisation du parcours par l’enquêté, réactive sa mémoire et amorce la discussion dans le cadre d’un entretien de réactivation pour vérifier la prégnance des barrières dans la mobilité quotidienne de l’enquêté. La vidéo géoréférencée ouvre de nouvelles perspectives méthodologiques pour la collecte d’informations au sujet des parcours quotidiens. Elle peut être déployée dans dans le cadre d’enquêtes relatives à la marche à pied ou à l’accessibilité des personnes en situation de handicap. La vidéo éoréférencée renvoie à d’autres outils comme l’occulométres qui pourraient à termes être mobilisés dans les enquête qualitative de mobilité pour mieux comprendre l’interaction entre l’individu et son environnement de déplacement.
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Contributor : Luc Gwiazdzinski <>
Submitted on : Monday, May 15, 2017 - 12:58:13 AM
Last modification on : Tuesday, March 13, 2018 - 4:40:06 PM

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  • HAL Id : halshs-01522398, version 1

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Citation

Luc Gwiazdzinski, Guillaume Drevon. La vidéo géoréférencée, de nouvelles perspectives pour l’analyse et les représentations du déplacement. Swiss Mobility Conference, epfl, University of Lausanne, Jun 2017, Lausanne, Suisse. ⟨halshs-01522398⟩

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