Penser et aménager la vacance, la friche et les rythmes urbains : Les pistes du chrono-urbanisme pour une ville douce

Résumé : Le temps, « signification que les collectivités humaines ont donné au changement, son organisation pour atteindre des objectifs et des valeurs » (Tabboni, 2006) est encore insuffisamment pris en compte dans la fabrique et la gestion de la ville. C’est pourtant une dimension essentielle dans la manière de l’« l’habiter » (Dardel, 1952). La communication conçue comme une invitation à la rythmanalyse (Lefebvre, 1992 ; Revol 2015), s’inscrit dans la réflexion engagée sur « la ville douce et le bien-être en ville » et s’appuie sur des recherches menées ces dernières années en Europe sur les temporalités, les rythmes urbains et les espaces publics. Elle part d’un constat. Les figures de la « ville événementielle » (Fragoni, 2009) et de la « ville sur la ville » (Grunbach, 1998) conduisent peu à peu à une densification des espaces et des temps de la ville à travers le déploiement d’événements temporaires qui noircissent les agendas métropolitains et la densification de la ville par suppression des friches ou « dents creuses » à un moment où les populations semblent en demande de bien-être, de lieux et de moments où exprimer leur créativité, leurs besoins de bricolage (Lallemand, 2015), d’appropriations (Lamarche, 2015), de calme, de nature (Bourdeau-Lepage, 2013), de déconnection et de lâcher prise. Elle propose dans un premier temps de mettre en évidence les mécanismes de densification et d’appropriation des espaces et des temps encouragés par les politiques publiques qui s’inscrivent dans un cadre plus global de la ville durable, de la ville 24h/24 (Gwiazdzinski, 2002, 2005 ; Koslowsky C., 2011) et de l’accélération (Rosa, 2010) déjà analysé par ailleurs. Dans un deuxième temps, elle interroge sur les risques posés par le déploiement actuel de ces manifestations dans l’espace public et sur l’émergence d’un « urbanisme temporaire » souvent porté par des collectifs interdisciplinaires (urbanistes, architectes, artistes). Alors que les chronobiologistes nous enseignent que « sans rythme, il n’y a pas de vie » (Millet 2002 ; Reinberg, 1993), cette saturation progressive des temps et des espaces disponibles pose la question de la soutenabilité d’une « ville qui ne s’arrête jamais » avec des conflits permanents entre activités en continu et rythmes biologiques circadiens, sollicitations permanentes et capacités de mobilisation et d’attention (Citton, 2014) limitées. Elle interroge également les notions de vacance, de temps d’arrêt, de silence, d’ennui et d’espace libre comme supports de la construction personnelle et de l’imaginaire (Wunenberger, 2006) à l’épreuve de l’activisme, du spectacle et de l’esthétisation. Au-delà de l’état des lieux et de la lecture critique, la communication propose la construction d’un « Chrono-urbanisme » pour une ville douce qui prenne en compte les continuités et discontinuités temporelles, les accélérations et décélérations et permette à chacun de trouver le bon tempo dans la ville « polychronique » (Boulin, Mückenberger, 2002).
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Contributor : Luc Gwiazdzinski <>
Submitted on : Saturday, May 13, 2017 - 7:51:00 PM
Last modification on : Tuesday, March 13, 2018 - 4:40:06 PM

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  • HAL Id : halshs-01522260, version 1

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Citation

Luc Gwiazdzinski. Penser et aménager la vacance, la friche et les rythmes urbains : Les pistes du chrono-urbanisme pour une ville douce. Imaginaire : Construire et Habiter la Terre (ICHT) Lyon, 12-13 avril 2017, Université Jean Moulin, Lyon 3, UMR EVS - CRGA ; ENSA Lyon, UMR EVS - LAURE ; ; FAUUSP ; Faculté de philosophie, Université Jean Moulin - Lyon 3, IRPhil ; Ecole nationale supérieure d'architecture, Lyon Apr 2017, Lyon, France. ⟨halshs-01522260⟩

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