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Conference papers

L'inscription de l'argumentation dans le langage : le cas de la Théorie des Blocs Sémantiques

Résumé : On sait que depuis les travaux fondateurs de Ducrot et Anscombre (cf. Anscombre et Ducrot 1983, entre autres), il est tout un courant d’approches qui s’articulent autour de l’hypothèse que l’argumentation n’est pas seulement ce qu’on fait avec le langage, mais elle est constitutive du langage, inscrite dans le langage. Cette hypothèse, généralement admise dans ses grandes lignes, laisse cependant ouvertes de nombreuses questions. Où précisément l’argumentation est-elle inscrite (dans le discours ou dans la langue, dans le sens effectivement communiqué par un énoncé ou dans la signification constante d’une phrase, structure syntaxique abstraite) ? Quelle est la nature exacte de l’argumentation ainsi inscrite (sous la forme d’une suite de propositions constituant un raisonnement, tronqué ou non, ou d’un discours spécifique régi par des lois qui lui sont propres) ? Jusqu’à quel degré l’argumentation est-elle inscrite (si par exemple on suppose qu’elle est inscrite dans la signification d’un mot, a-t-elle trait à une partie seulement de la signification, ou épuise-t-elle toute la signification) ? Je me propose d’apporter un début de réponse à ces questions dans le cadre de la Théorie des Blocs Sémantiques (désormais TBS) dont Marion Carel a posé les premiers jalons au début des années 1990 (cf. Carel 2011, 2012 ; Kida 2015). La TBS est une théorie sémantique (et non pas pragmatique, j’insiste sur ce point) en ce qu’elle se fixe pour objectif de décrire la signification des unités de la langue, la signification étant définie comme valeur sémantique supposée encodée par la langue, invariable et identique d’un contexte à l’autre. Son originalité réside dans le fait que l’argumentation joue un rôle méthodologique primordial dans sa démarche générale et ce, à double titre. D’abord au niveau empirique, pour observer et représenter le sens d’un énoncé, la TBS propose de le rendre visible en paraphrasant l’énoncé à l’aide de certains segments de discours appelés « enchaînements argumentatifs ». Ensuite, au niveau théorique, elle s’attache à déterminer la signification des mots qui composent l’énoncé au moyen de ce qu’elle appelle le « schéma argumentatif », de telle manière que la signification permette d’expliquer, ou tout au moins de faire mieux comprendre, les diverses interprétations attribuées à l’énoncé. Après avoir esquissé à grands traits les propriétés de ces nouveaux outils d’analyse, je chercherai à les appliquer à la description sémantique de certains mots du lexiques et à résoudre les problèmes techniques soulevés par une telle description. Il s’agira notamment de décrire le verbe punir sur un corpus littéraire constitué de quelques romans d’Alexandre Dumas. Références bibliographiques Anscombre, J.-Cl. et O. Ducrot, (1983). L’Argumentation dans la langue, Bruxelles, Mardaga. Carel, M., (2011). L’Entrelacement argumentatif, Paris, Honoré Champion. Carel, M., (2012). « Introduction », in M. Carel (éd.), Argumentation et polyphonie : de Saint-Augustin à Robbe-Grillet, Paris, L’Harmattan, 7-58. Kida, K., (2015). « Prédicat argumentatif et concept ad hoc », Travaux de linguistique, n° 70, 121-137.
Document type :
Conference papers
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https://halshs.archives-ouvertes.fr/halshs-01512444
Contributor : Kohei Kida Connect in order to contact the contributor
Submitted on : Sunday, April 23, 2017 - 11:41:26 AM
Last modification on : Monday, March 4, 2019 - 2:22:48 PM
Long-term archiving on: : Monday, July 24, 2017 - 12:11:50 PM

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KIDA_ARGAGE2015.pdf
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  • HAL Id : halshs-01512444, version 1

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Kohei Kida. L'inscription de l'argumentation dans le langage : le cas de la Théorie des Blocs Sémantiques. Argumentation & Langage, Université de Lausanne, Sep 2015, Lausanne, Suisse. ⟨halshs-01512444⟩

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