«Puissance, sujet, souveraineté»: Mémoire de synthèse proposé pour l'Habilitation à diriger des recherches.

Résumé : Les recherches présentées ici s’organisent autour de deux axes problématiques dominants. Tout d’abord, une archéologie de la puissance, qui prend la forme d’un diptyque constitué par Dieu sans la puissance. Dunamis et energeia chez Aristote et chez Plotin (Vrin, 2006), et par un livre inédit, Genèse du Dieu souverain. Dieu sans la puissance proposait une lecture de la Métaphysique d’Aristote fondée sur le couple conceptuel de l’en-puissance et de l’en-acte. Il s’agissait de manifester en ce dernier le principe d’une ontologie unitaire, mais aussi d’une ontologie axiologique posant l’identité, donnée dans l’acte, différée dans l’en-puissance, de l’être et du bien. Cette ontologie porte une pensée singulière du divin: acte pur, le dieu d’Aristote est posé comme à la fois sans puissance et identique au bien. A partir de là, Genèse du Dieu souverain cherche à identifier une double mutation: de l’ontologie aristotélicienne de l’en-puissance et de l’en-acte vers l’ontologie moderne de la puissance et de l’action; et du dieu acte pur (sans puissance) vers le Dieu tout-puissant. On propose ainsi, selon cinq séquences qui vont d’Augustin à Duns Scot, une genèse critique de l’attribut divin de toute-puissance, visant à manifester à la fois la logique d’excès à laquelle il obéit- et en vertu de quoi Dieu peut être posé comme capable du mal- et le processus de son articulation à l’être. On interroge ce faisant les réélaborations du concept de puissance qu’engage ce double mouvement. On s’intéresse enfin à ses effets dans le champ, cette fois moderne et contemporain, des théories de la souveraineté. A terme, il s’agit de renvoyer le dispositif théologico-politique dont l’attribut divin de toute-puissance est la pièce maîtresse à un dispositif ontologique précis, mais aussi, et ultimement, de montrer que ce dispositif ontologique, dans la mesure où il se construit non pas à partir de mais contre la source aristotélicienne à laquelle on l’associe d’ordinaire, n’est en rien destinal. Le second axe problématique s’organise autour de la question du sujet. A partir d’une série de travaux sur le hêmeis plotinien, on a cherché à dégager un concept alternatif du sujet comme pluriel, virtuel, sans identité, et à retracer la lignée souterraine qui, jusqu’à Deleuze, en porte l’héritage. Plus qu’à ce que Foucault appelle « le jeu de discontinuités », on s’est cette fois attachée à marquer des reprises et des persistances. Si la figure de la souveraineté qui se dessinait au terme de notre archéologie de la puissance avait pour corrélat une pensée forte de la sujétion (appuyée notamment sur la réinterprétation de la dunamis comme pure capacité réceptrice), la seconde ligne d’enquête rencontre, elle, cette autre figure de la souveraineté que Bataille nomme « authentique » ou « subjective ».
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Philosophie. CNRS, 2016
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Contributeur : Gwenaëlle Aubry <>
Soumis le : mardi 31 janvier 2017 - 12:08:37
Dernière modification le : mardi 24 avril 2018 - 17:20:15
Document(s) archivé(s) le : lundi 1 mai 2017 - 12:12:52

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Gwenaëlle Aubry. «Puissance, sujet, souveraineté»: Mémoire de synthèse proposé pour l'Habilitation à diriger des recherches.. Philosophie. CNRS, 2016. 〈halshs-01444518〉

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