Santé mentale au travail et genre. Intérêt et limites d'une approche statistique au travers de l'enquête Sumer en France

Résumé : Approcher les relations entre travail, genre et santé mentale à partir de sources statistiques se heurte à une série de difficultés théoriques et méthodologiques. Avant même que surgissent de nouvelles pathologies professionnelles – « TMS », « RPS » - débordant les atteintes à la santé physique, l’ergonomie de l’activité avait montré les limites d’une vision causaliste – ignorant les circularités et les interdépendances entre santé et perception des conditions de travail - et décontextualisée, en terme de « facteurs de risques » (Volkoff et Molinié, 2008). Avec les nouveaux enjeux de la santé mentale au travail c’est désormais frontalement qu’il convient d’interroger la vision « toxicologique » qui soutient la notion de « risques professionnels » en tant qu’elle présuppose un opérateur passif « exposé » à des agents dangereux, à rebours du point de vue selon lequel tout sujet s’approprie, au travers de son activité, les données, contraintes et ressources de cette dernière (Clot, 2010) . Par ailleurs la dimension genrée de l’activité et de la construction de la santé travail n’est investiguée que depuis peu (Messing 2002 ; 2009 ), a fortiori concernant sa dimension psychique (Bercot, 2014 ; 2015). Les différences et les inégalités entre les deux sexes au sein du monde du travail sont indissociables du fait que les professions et les conditions de travail sont genrées. Le genre est un construit social du masculin et du féminin qui naturalise et légitime les positions et les pratiques différentes et hiérarchisées de chaque sexe dans l’organisation sociale, selon le principe de la domination masculine. D’où la naturalisation et l’invisibilisation des compétences et des pénibilités professionnelles féminines, expliquant, notamment, le sous classement et la sous rémunération des professions et les postes attribués aux femmes. Et les stéréotypes de genre sont mobilisés jusque dans les tâches concrètes, y compris pour des postes de travail ayant les mêmes appellations (Fortino, 2009). D’où la contre-formulation des chercheuses féministes en termes de « toutes choses inégales par ailleurs ». Dans cet esprit notre démarche vise ici à compléter l’exploration des apports et des limites d’analyses de type « Toutes choses égales par ailleurs » (« TCPA » dans le suite du texte) par la prise en compte de « familles professionnelles sexuées ». Et à conduire d’autres recherches, qualitatives, après de groupes professionnels concrets dans lesquels les relations entre genre et santé peut être observée sur un mode idiosyncratique (Bouffartigue, Bouteiller et Pendariès, 2009 ; Bouffartigue et Bouteiller, 2015)
Type de document :
Pré-publication, Document de travail
2016
Liste complète des métadonnées

Littérature citée [10 références]  Voir  Masquer  Télécharger

https://halshs.archives-ouvertes.fr/halshs-01440179
Contributeur : Paul Bouffartigue <>
Soumis le : jeudi 19 janvier 2017 - 08:47:24
Dernière modification le : jeudi 18 janvier 2018 - 02:05:36
Document(s) archivé(s) le : jeudi 20 avril 2017 - 12:43:01

Fichier

Santé mentale et genre en Fce...
Fichiers produits par l'(les) auteur(s)

Licence


Distributed under a Creative Commons Paternité - Pas d'utilisation commerciale - Pas de modification 4.0 International License

Identifiants

  • HAL Id : halshs-01440179, version 1

Collections

Citation

Paul Bouffartigue, Jacques Bouteiller. Santé mentale au travail et genre. Intérêt et limites d'une approche statistique au travers de l'enquête Sumer en France. 2016. 〈halshs-01440179〉

Partager

Métriques

Consultations de la notice

267

Téléchargements de fichiers

404