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La régularisation territoriale des quartiers populaires de Mexico : une approche des rapports de pouvoir dans la maturation des périphéries

Résumé : L'expansion de Mexico révèle une grande diversité de formes urbaines. La plus répandue dans les milieux modestes-qui composent la majorité des habitants de la capitale mexicaine-reste la colonie populaire, la colonie étant le vocable usité au Mexique pour désigner un quartier. C'est ici le « type » d'espace que nous choisissons de traiter comme « quartier populaire ». L'autre forme d'urbanisation « populaire » massive, celle des logements sociaux à accès aidé à la propriété, ne sera pas abordée ici. Les colonies populaires renvoient à une production informelle de logements-l'informalité émanant de la fondation et/ou de la situation toujours irrégulière à l'heure actuelle-où résident 70 % des habitants de la ville (Duhau et Giglia, 2008). La consolidation 1 de ces espaces, jugée « automatique » en cas de non-déguerpissement juste après l'installation, tend à prendre des formes spatiales et temporelles très différentes selon le contexte local. Partons d'un postulat : les colonies populaires sont les héritières des installations illégales 2 , et passent par une étape de régularisation. La thèse de consolidation/amélioration de l'installation illégale fut proposée par John Turner dès les années 1960 : une plus grande sécurité foncière serait une condition déterminante pour une amélioration des conditions de vie et la consolidation de ces espaces. Rarement linéaire dans la pratique, ce schéma a toutefois servi de base aux études sur les recompositions des quartiers illégaux à Mexico. Nous proposons ici l'expression de maturation urbaine pour des colonies « en cours de consolidation » ; par définition, il s'agirait du « processus par lequel une entité atteint son plein développement ». Plutôt que d'aborder l'évolution des quartiers en termes écologiques, voire développementalistes, selon des degrés d'urbanité, il est davantage question ici de s'interroger sur les divers processus dans lesquels sont inscrits ces espaces. La maturation, telle qu'entendue par Dureau et Gouëset (2010 : 138), s'exprime sur le territoire par la diversification de la composition démographique (classes d'âge, origines géographiques, structure sociale), la consolidation du bâti, l'ancrage résidentiel des habitants et l'amélioration de l'offre locale d'emplois et de services. La maturation d'un quartier se présente donc comme un processus englobant et transversal. Dans cet ensemble, la consolidation morphologique occupe une place déterminante. Le passage d'un espace « plus ou moins défini comme urbain » à un territoire intégré à la ville renvoie à l'analyse des mutations juridiques et physiques faisant écho à la régularisation territoriale. Le territoire acquiert ainsi une certaine profondeur, notamment historique par son appropriation progressive, et une légitimité. À Mexico, en raison notamment des spécificités du système foncier, ces processus de régularisation prennent une dimension particulière par rapport aux périphéries d'autres métropoles. Cette situation explique une grande diversité des trajectoires possibles. 1 Entendue ici comme le terme générique utilisé pour désigner l'ensemble des processus d'amélioration donnant un caractère durable et solide à l'installation. 2 Huamán (2010) en définit les caractéristiques essentielles : l'irrégularité du statut foncier, le caractère précaire des logements, l'état de perpétuelle construction, le manque de services de base et d'équipements urbains, et le grand nombre d'années d'investissement nécessaires aux habitants pour mener à bien la régularisation du sol, la consolidation-durcification progressive de la maison-souvent considérée comme de basse qualité-et l'obtention des services urbains les plus élémentaires.
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https://halshs.archives-ouvertes.fr/halshs-01341166
Contributor : Publications Umr Prodig Connect in order to contact the contributor
Submitted on : Wednesday, July 22, 2020 - 7:52:16 PM
Last modification on : Thursday, November 18, 2021 - 4:10:53 AM
Long-term archiving on: : Monday, November 30, 2020 - 11:37:51 PM

Identifiers

  • HAL Id : halshs-01341166, version 1

Citation

Jean-François Valette. La régularisation territoriale des quartiers populaires de Mexico : une approche des rapports de pouvoir dans la maturation des périphéries. PRODIG. Métropoles aux Suds. Le défi des périphéries ?, Karthala, p.369-384, 2014, 978-2-8111-1054-3. ⟨halshs-01341166⟩

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