Énergie et villes des pays émergents : des transitions en question. Introduction

Résumé : Ce dossier expose une partie des résultats de deux programmes de recherche comparatifs portant sur les transformations énergétiques urbaines. Les débats actuels montrent que la place des collectivités locales dans la transition vers une société post-carbone reste une question ouverte (Rutherford, Coutard, 2014). Dès lors, il s’agissait de s’interroger sur les facteurs de changement observables aux échelles urbaines et les principaux acteurs porteurs d’une « vision » ou d’une stratégie énergétique, ainsi que sur la capacité à agir des autorités urbaines. Celle-ci doit être jaugée par rapport aux opérateurs traditionnels du secteur énergétique, souvent très liés aux États, d’une part, aux acteurs privés renforcés par les réformes du secteur (libéralisation, dé-intégration, privatisation ou ouverture aux investisseurs privés), d’autre part. Globalement, la question est celle de l’émergence d’une territorialisation des questions énergétiques aux échelles métropolitaines. Dans ce numéro, le propos est centré sur des villes de pays émergents, c’est-à-dire des organismes urbains dont le développement s’inscrit dans des contextes marqués par la conjonction d’une croissance économique élevée, d’une insertion solide dans les marchés globalisés et d’un savoir-faire institutionnel consolidé. La demande énergétique urbaine y est forte, portée à la fois par des taux de croissance urbaine élevés et par l’essor de la consommation des couches moyennes urbaines. Notre parti méthodologique a été d’interroger ces questions énergétiques urbaines à partir d’analyses empiriques approfondies issues, pour ce dossier, d’études conduites sur quatre métropoles de pays émergents (Buenos Aires, Delhi, Istanbul, Le Cap) et des villes secondaires (Sfax, villes turques). Ces études font clairement apparaître le poids des déterminants locaux (sources énergétiques dominantes, rapports sociaux existants, nature des élites urbaines et des bases économiques locales…) comme les problèmes de capacité réelle et d’efficacité de l’action urbaine locale dans l’ampleur et les modalités de l’engagement des villes. Elles soulignent, ce faisant, des écarts patents entre les trajectoires de transition énergétique urbaine formalisées dans la littérature académique comme dans les politiques sectorielles et les situations urbaines observées. De ce fait, ces recherches n’ont, dans l’ensemble, pas permis de valider une double hypothèse : celle d’une convergence des évolutions au profit d’un modèle de « transition énergétique » et celle d’une montée en puissance des pouvoirs publics locaux dans la gouvernance énergétique. Pour autant, les villes ne sont pas inertes au regard des changements en cours. Outre la mise en évidence de facteurs proprement locaux, toujours très prégnants, la confrontation des différentes études de cas nous semble livrer un certain nombre d’enseignements plus généraux sur l’avenir de la question énergétique dans de nombreuses villes du Sud, que nous tentons de synthétiser dans la suite de l’introduction.
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Contributor : Éric Verdeil <>
Submitted on : Tuesday, February 9, 2016 - 2:14:33 PM
Last modification on : Wednesday, November 20, 2019 - 3:04:30 AM
Long-term archiving on : Saturday, November 12, 2016 - 3:07:01 PM

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  • HAL Id : halshs-01271582, version 1

Citation

Sylvy Jaglin, Éric Verdeil. Énergie et villes des pays émergents : des transitions en question. Introduction. Flux - Cahiers scientifiques internationaux Réseaux et territoires, Metropolis / Université Paris-Est Marne la Vallée 2013, 93-94 (3), pp.7-18. ⟨halshs-01271582⟩

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