Rompre avec la figure du consommateur captif : : au-delà des comportements attendus, au-delà des ancrages territoriaux

Résumé : La forte pénétration du concept de bassin de vie – tant dans la sphère scientifique que politique – témoigne respectivement du vif intérêt que suscite le libre processus de territorialisation des pratiques sociales d’un côté, et son usage politique pour légitimer l’émergence de nouveaux espaces politiques de l’autre. Le bassin de vie est en outre une figure rassurante, qui préserve l’idée d’une société locale, à l’heure où l’individuation des pratiques pourrait légitimement laisser poindre l’existence de territorialités réticulaires et irréductibles à un territoire contigu de sens commun. Dans un souci d’objectivation, l'INSEE désigne le bassin de vie par un périmètre circonscrit, à l'intérieur duquel se trouverait un certain nombre d'équipements, de services et de commerces suffisant pour satisfaire l'essentiel des besoins des habitants y résidant. Le mode de vie des habitants s'organiserait ainsi préférentiellement autour d'une offre de proximité. La circonscription des bassins de vie est soumise à la temporalité du quotidien, celle-là même qui – par construction – introduit la contrainte d’une faible disponibilité du temps pour prendre ses distances. La délimitation statistique du bassin de vie – pas moins que celle des zones de chalandise – repose in fine sur une démarche hypothético-déductive où les comportements individuels sont normalisés et dominés par une gestion de la distance. Les individus dépendraient dès lors de l'offre territoriale qui les entoure et obéiraient à l’impératif de la proximité. En économie régionale, la consommation des ménages est traditionnellement considérée comme non-motrice du développement, car attachée à la satisfaction des besoins d’une population jugée captive. À l’exception du tourisme, dont la contribution économique est reconnue de longue date, la consommation est une fonction économique présumée ancrée territorialement. Les habitants – partisans du moindre effort (loi de Zipf) – ne franchiraient donc pas les frontières de leur territoire de résidence, pas en matière de pratiques de consommation, ou trop faiblement pour affecter la dynamique économique. Les habitants obéissent-ils vraiment à cette figure du consommateur captif pour construire le territoire sur lequel se déploie leur mode de vie ? Dans quels cas s’éloignent-ils des comportements attendus ? De quelles pratiques de consommation parlons-nous ? Qui plus est, y a-t-il une vulnérabilité significative des économies territoriales ? Et des enjeux économiques s’en dégagent-ils ? Par cette communication, nous confrontons à la figure du consommateur captif d’autres figures utiles à la compréhension des pratiques de consommation et leurs conséquences. Sur la base d’une recherche doctorale en cours, et au travers d’une enquête réalisée auprès d'une soixantaine d'habitants de l'Essonne, nous isolerons tout d’abord le cas de la consommation experte et celle de la consommation engagée ; toutes sont relatives à des connaissances et des compétences que les habitants développent et mobilisent pour construire leur territoire de consommation. Enfin, en reprenant les principaux résultats d’une thèse de doctorat récemment soutenue, nous aborderons le cas de la consommation de passage et ses effets sur l’économie locale en Ile-de-France.
Type de document :
Communication dans un congrès
Journée Jeunes Chercheur-es de la commission de géographie du commerce, Nov 2015, Paris, France
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https://halshs.archives-ouvertes.fr/halshs-01270433
Contributeur : Jean-François Ruault <>
Soumis le : dimanche 7 février 2016 - 20:39:29
Dernière modification le : mardi 9 février 2016 - 09:02:29

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  • HAL Id : halshs-01270433, version 1

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Jean-François Ruault, Pauline Sylvestre. Rompre avec la figure du consommateur captif : : au-delà des comportements attendus, au-delà des ancrages territoriaux. Journée Jeunes Chercheur-es de la commission de géographie du commerce, Nov 2015, Paris, France. 〈halshs-01270433〉

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