Réguler les dynamiques économiques par l’urbanisme, un conflit entre libéralisme économique et défense du bien commun : Éléments de réflexions à partir de l’urbanisme commercial et de l’aménagement des zones logistiques

Résumé : Le lien entre développement économique et urbanisation n’est plus à démontrer mais l’urbanisation, en tant que forme d’appropriation et d’anthropisation de l’espace pose toujours problème car elle porte atteinte à un certain nombre de biens communs : la qualité de l’air, le foncier agricole, le paysage, l’accès pour tous… Par biens communs, nous entendons ici toute chose (une ressource, un droit, un patrimoine) jugée de valeur par une communauté (mondiale, nationale, locale), c’est-à-dire socialement construite comme étant d’intérêt général (Gadrey, 2013). Aussi l’urbanisme est une réponse politique aux besoins de défendre les biens communs par l’organisation et la régulation de l’urbanisation. Cependant, la capacité des politiques d’urbanisme à réguler les dynamiques économiques est limitée dans la mesure où l’urbanisme s’oppose par définition au libéralisme qui prête aux régulations marchandes, et donc au libre comportement des agents économiques, une plus grande vertu collective que ne peut le garantir l’intervention politique. Aussi, les politiques de développement économique local oscillent bien souvent entre des initiatives de soutien aux entreprises – avec la mise à disposition de surfaces foncières par exemple (Cragues, 2009) – et la création d’opportunités économiques via le projet urbain – à l’image du potentiel économique apporté par une nouvelle gare ferroviaire ou encore la requalification d'un quartier délabré. Dans pareil cas, les dynamiques économiques ne sont pas régulées ; ce sont les acteurs privés qui acceptent ou non de prendre part au projet. Aussi, vu que les communes et les intercommunalités sont les principaux prescripteurs des politiques d’urbanisme, et qu’elles subissent une forte concurrence territoriale pour attirer les activités économiques, l’urbanisme qu’elles portent tend à être peu régulateur : les enjeux économiques et financiers l’emportent. À travers les limites de l’urbanisme, ce sont les capacités locales de régulation des dynamiques économiques qui sont compromises. Nous proposons dès lors une réflexion sur les sujets de tension entre urbanisme et développement économique et les voies de conciliation possibles dans le cas particulier de l’urbanisme commercial et l’aménagement des espaces logistiques. Notre objectif consiste tout d’abord à spécifier les contradictions qui existent entre les volontés collectives que cristallise l’urbanisme et les croyances relatives aux vertus du libéralisme. Il s’agit ensuite d’identifier les limites propres aux deux objets pris séparément et réfléchir aux objectifs et aux outils de conciliation. Nous étayons ainsi la thèse selon laquelle l’urbanisme régule aujourd’hui assez faiblement les dynamiques économiques. Nous proposons néanmoins quelques pistes de conciliation possibles afin de renouveler les régulations locales des dynamiques économiques.
Type de document :
Communication dans un congrès
Rencontres internationales en urbanisme : « Concevoir et fabriquer la ville », Jun 2015, Rennes, France
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Contributeur : Jean-François Ruault <>
Soumis le : dimanche 7 février 2016 - 20:15:32
Dernière modification le : mardi 9 février 2016 - 09:02:16

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Jean-François Ruault, Nicolas Raimbault. Réguler les dynamiques économiques par l’urbanisme, un conflit entre libéralisme économique et défense du bien commun : Éléments de réflexions à partir de l’urbanisme commercial et de l’aménagement des zones logistiques. Rencontres internationales en urbanisme : « Concevoir et fabriquer la ville », Jun 2015, Rennes, France. 〈halshs-01270429〉

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