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Innover dans le respect de la tradition : Les sceaux équestres des ducs de Lorraine de René II à Charles III (1473-1608)

Résumé : Dans un contexte de succession dynastique difficile, René II (1473-1508) voulant affirmer la légitimité de son accession au trône ducal lorrain opta pour une image sigillaire calquée sur celles de ses prédécesseurs de la maison d’Anjou, son oncle Jean (1453-1470) et son cousin Nicolas (1470-1473). Après une brève utilisation du modèle armorial, le sceau équestre redevenait la norme pour les princes lorrains. Pour assurer au mieux la continuité par le biais de son sceau, le jeune duc de Lorraine conserva le champ fleurdelisé de ses deux prédécesseurs. Bien sûr la vocation d’identification, de validation et d’authentification du sceau était préservée par la légende, par des armoiries différentes – mais proclamant clairement ses liens de parenté avec le roi René, son grand-père – et enfin par l’adoption d’un cimier différent de celui des princes angevins : René abandonnait la double fleur de lis pour l’aigle éployée de la maison de Lorraine-Vaudémont dont il était issu par son père. Au cours de son long règne, René II, afin d’affirmer d’autres revendications ou prétentions, usa de différentes matrices mais il resta toute sa vie fidèle à ce sceau équestre dont il transmit le modèle à son fils Antoine (1508-1544). Ce dernier, soucieux de marquer son indépendance par rapport au roi de France, remplaça les fleurs de lis par des croix doubles dites de Lorraine. Les armoiries restaient celles de son père – les dernières adoptées – mais la titulature changeait. Antoine, contraint par la monarchie française, avait en effet renoncé au titre de roi de Sicile et de Jérusalem. Il n’était plus que duc de Calabre mais il l’était par la grâce de Dieu. Son fils et éphémère successeur, François Ier (1544-1545), filleul du roi de France François Ier, épousa Christine de Danemark une nièce de Charles Quint. Le nouveau duc de Lorraine modifia seulement les armoiries paternelles en y incorporant les quartiers de Gueldre et de Juliers auxquels il pouvait prétendre du chef de sa grand-mère Philippe de Gueldre. Charles III (1545-1608) conservant un sceau équestre adopta cependant une image novatrice. Sans doute ses choix furent-ils guidés par ses historiographes, en charge de démêler le passé pour justifier la politique présente. Attaché au développement de sa principauté, Charles était conscient de l’importance symbolique de Nancy, capitale dont il fut le maître d’œuvre de la rénovation et du développement. C’est donc une vue de cette ville qui prit désormais la place de la terrasse sur laquelle reposait auparavant le cheval des sceaux de ses ancêtres. Surtout, dans le contexte des guerres de religion, Charles III, parent des Guise, fit orner le caparaçon de son cheval de croix de Jérusalem. Une nouvelle fois les ducs de Lorraine se plaçaient dans les pas de Godefroy de Bouillon dont ils prétendaient descendre. Affinant la chronologie d’apparition et d’utilisation des différentes matrices de ces princes, nous tenterons de montrer comment, balançant entre tradition et modernité grâce à l’intervention des savants et artistes de la cour, la sigillographie fut utilisée dans la communication visuelle de la dynastie lorraine issue de la seconde maison de Vaudémont.
Document type :
Preprints, Working Papers, ...
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https://halshs.archives-ouvertes.fr/halshs-01264658
Contributor : Jean-Christophe Blanchard <>
Submitted on : Friday, January 29, 2016 - 3:04:09 PM
Last modification on : Thursday, June 11, 2020 - 11:06:03 AM

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  • HAL Id : halshs-01264658, version 1

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Jean-Christophe Blanchard. Innover dans le respect de la tradition : Les sceaux équestres des ducs de Lorraine de René II à Charles III (1473-1608). 2015. ⟨halshs-01264658⟩

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