Bases de données en archéologie : de la révolution informatique au changement de paradigme

Résumé : Apparu dans les années 60, en contexte militaire, le concept de base de données s'est rapidement diffusé dans la communauté scientifique avec les apparitions successives de l'ordinateur individuel, puis du web. Dans le domaine des sciences humaines, la progression a été un peu plus lente, suivant l'apparition des données numériques, puis la mise en place de processus d'exploitation statistique : les premiers fichiers ont d'abord été utilisés pour eux-mêmes, le besoin de bases de données arrivant dans un deuxième temps (Delobel 1975 ; Haigh 2009). Avec le développement des fouilles préventives, à partir des années 80, qui a démultiplié les besoins en termes d'interrogations croisées, puis d'exploitations de plus en plus complexes, l'archéologie a enfin elle aussi appris à concevoir, à gérer et à faire évoluer ses propres bases de données (Ginouvès, Guimier-Sorbets 1978). De nos jours, il n'est guère de service archéologique, d'institut de recherche, voire de musée ou encore de bibliothèque, qui n'en utilise une ou plusieurs. L'archéologie accuse donc un certain retard sur d'autres sciences humaines en matière de bases de données : de ce fait, la réflexion sur ce qui advient des pratiques professionnelles avec le recours massif à ces outils, qu'il s'agisse de la collecte des documents, de leur analyse ou de leur publication, est elle aussi en retard. Il n'est donc que temps de s'interroger sur ce que les bases de données font à la discipline, à l'instar de ce qui a pu être fait dans d'autres champs de recherche, et plus largement dans le vaste domaine des humanités numériques (Habert, Huc 2010). Dans les pages suivantes, une « base de données » est définie comme un ensemble de fichiers numériques, reliés entre eux par des liens hiérarchiques, et qu'on peut interroger par des scripts simples ou complexes. Une base de sonnées « collaborative » offre à des utilisateurs sélectionnés la possibilité d'intervenir sur les données (écriture, correction, effacement), généralement en ligne. Ainsi, dans un cadre scientifique, une base de données collaborative remet en cause la notion d' « auteur » comme acteur individuel, et construit un savoir émanant d'une communauté et non plus de chercheurs isolés.
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Contributeur : Michel Feugere <>
Soumis le : mercredi 7 septembre 2016 - 12:01:09
Dernière modification le : vendredi 7 octobre 2016 - 09:30:30
Document(s) archivé(s) le : jeudi 8 décembre 2016 - 12:10:48

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Michel Feugère. Bases de données en archéologie : de la révolution informatique au changement de paradigme. Cahiers philosophiques, Réseau Canopé 2015, pp.139-147. <halshs-01242413>

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