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Dans la fabrique d'un consensus intergouvernemental sur l'évolution du climat : l'expertise du GIEC entre légitimité et validité

Résumé : paru in C. Bréchignac, G. de Broglie et M. Delmas-Marty (dir.), L'environnement et ses métamorphoses, Paris, Hermann, 2015, pp. 143-152. Les experts ont acquis une place centrale dans les procédures internationales de gouvernance du changement climatique. Le cinquième rapport d'évaluation du Groupe intergouvernemental d'experts sur l'évolution du climat (GIEC), remis au cours des années 2013 et 2014, alimente les négociations internationales menées actuellement en vue de la réunion de la 21 e conférence des parties de la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques, qui se tiendra à Paris en décembre 2015. Le diagnostic de l'origine anthropique du changement climatique en cours, déjà fermement établi par les précédents rapports, se trouve confirmé avec une précision plus grande encore. Les stratégies proposées par les experts pour s'adapter aux changements en cours et atténuer de leurs conséquences s'affinent et se précisent. Ce travail d'ampleur, impliquant plusieurs centaines de spécialistes, a permis d'établir et de mettre en forme des connaissances, à la fois pertinentes sur le plan scientifique et suffisamment solides pour servir de point d'appui à un accord international comprenant des engagements des États de réduire leurs émissions de gaz à effet de serre. Le GIEC pourrait être présenté sous plusieurs angles. Je vais me concentrer ici sur la question de savoir comment on parvient, au niveau international, à trouver un consensus sur des connaissances, qui non seulement sont fondées sur le plan scientifique, mais qui seront aussi robustes dans la discussion politique et dans les négociations internationales. En réponse à cette interrogation, je vais montrer que le crédit d'un organe d'expertise, quel qu'il soit – et cela vaut pour le GIEC comme pour d'autres instances – ne tient pas seulement à l'excellence scientifique des membres qui le composent. Cette excellence est évidemment nécessaire – et elle n'est pas en doute – ; mais elle ne suffit pas à placer un organe d'expertise à l'abri de la critique. L'histoire de la mise en place d'une expertise internationale sur le climat est éclairante de ce point de vue. Dans le processus historique qui a conduit à la création du GIEC en 1988, d'autres expériences ont été tentées auparavant avec des organes d'expertise composés d'un petit nombre d'éminents scientifiques, spécialisés dans les sciences du climat. C'était le cas, par exemple, de l'Advisory Group on Greenhouse Gases, mis en place en 1985. En raison du format réduit de ce groupe d'experts, et de son fonctionnement très informel, il n'a pas été possible d'articuler les connaissances ainsi produites avec un processus politique de décision.
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https://halshs.archives-ouvertes.fr/halshs-01227851
Contributor : Olivier Leclerc <>
Submitted on : Thursday, January 11, 2018 - 10:11:56 AM
Last modification on : Tuesday, October 20, 2020 - 10:48:02 AM

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Leclerc 2015_Expertise GIEC.pd...
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  • HAL Id : halshs-01227851, version 1

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Olivier Leclerc. Dans la fabrique d'un consensus intergouvernemental sur l'évolution du climat : l'expertise du GIEC entre légitimité et validité. Catherine Bréchignac; Gabriel de Broglie; Mireille Delmas-Marty. L’environnement et ses métamorphoses, Hermann, pp.143-152, 2015, 9782705691301. ⟨halshs-01227851⟩

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