« Précarité » : de quoi parle-t-on ?

Résumé : La grande polysémie du mot « précarité » impose d'en préciser les sens multiples, d'autant plus qu'on s'efforce de rapprocher, voire de comparer différentes situations et dynamiques nationales. Dans cette communication je résume d'abord mes travaux antérieurs visant à clarifier l'usage sociologique que l'on peut en faire, y compris en la mettant en regard de celle d' « informalité » (1). J'aborde ensuite la question de son « exportation » en dehors du contexte français – contexte dans lequel elle connaît son usage le plus abondant-, en particulier dans les pays d'Europe du Sud (2). J'évoque les enjeux spécifiques associés au croisement entre les notions de « jeunesse(s) » et de « précarité » (3) Et je conclus sur des perspectives de recherche, en particulier sur les dimensions subjectives de la précarité et sur ses modes de présence dans les mouvements contestataires (4). 1-De la « précarité de l'emploi », à la « précarité professionnelle » En France les usages du terme « précarité » oscillent entre une acceptation très étendue – la précarité sociale – et une acceptation étroite – la précarité de l'emploi. Quand elle est utilisée sans complément ou précision, elle désigne généralement la précarisation sociale, phénomène affectant les conditions d'existence de certaines catégories de la population, voire comme phénomène de précarisation de la société entière. La précarité de l'emploi désigne généralement les formes précaires, ou atypiques de l'emploi, clairement identifiables et mesurables. En effet, elle renvoie aux multiples modalités juridiques ou formelles de l'emploi qui se distinguent de la norme du contrat de travail à durée indéterminée (CDI), notamment les contrats de travail à durée déterminée (CDD), les contrats de travail intérimaires, et de multiples modalités d'emplois « aidés »-par l'Etat. Au-delà de ces modalités qui s'écartent du CDI, statisticiens et chercheurs ajoutent parfois, mais pas toujours, d'autres modalités d'emploi ou de sous-emploi, comme l'emploi à temps partiel non choisi ou contraint. Un indicateur supplémentaire, intéressant, leur a été ajouté dans les enquêtes au cours des dernières années : le fait de craindre la perte de son emploi au cours de l'année à venir. Finalement la notion de précarité de l'emploi est assez bien cernée et mesurée statistiquement, d'autant plus que les activités non déclarées – on utilise la notion de « travail au noir », et quasiment pas celle de « travail informel »-, bien que très probablement en extension, restent moins développées que dans les pays d'Europe du sud.
Type de document :
Communication dans un congrès
Second séminaire Tramed « Les problématiques du travail dans l’espace euro - méditerranéen en crise : précarité et jeunes générations » , Oct 2015, Naples, Italie
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Contributeur : Paul Bouffartigue <>
Soumis le : lundi 25 avril 2016 - 11:56:03
Dernière modification le : jeudi 18 janvier 2018 - 02:04:35
Document(s) archivé(s) le : mardi 26 juillet 2016 - 11:31:18

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Paul Bouffartigue. « Précarité » : de quoi parle-t-on ?. Second séminaire Tramed « Les problématiques du travail dans l’espace euro - méditerranéen en crise : précarité et jeunes générations » , Oct 2015, Naples, Italie. 〈halshs-01215834v2〉

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